Belgique Michel boit depuis qu’il a 15 ans. Ivre, il frappe. Mais il est aussi violent sans avoir bu.

Une Gordon à la main, une cigarette dans l’autre, il erre en training, démarche lente, à deux pas du palais de justice de Bruxelles. Il n’est pas midi. C’est sa quatrième bière de la journée. Il l’a expliqué, une heure plus tôt, devant le tribunal, où il devait s’expliquer pour trois faits - tous des coups et blessures. Il boit depuis qu’il a 15 ans. Il arrête. Il recommence. La semaine dernière, il a perdu un ami. Il n’a pas consommé pendant deux jours. Il a repris samedi. Quatre, cinq, six bières par jour. Et ce matin, avant de comparaître ?, l’interrogeait la présidente. "Là, j’ai bu trois bières." En partant, pour se donner du courage. "Dans une heure, ça fera quatre. J’en ai caché une que je boirai, une fois sorti d’ici."

"Lui, c’est qui ?"

Nerveux, il n’arrête pas de faire des pas en avant, puis en arrière dans la salle d’audience. Michel*, 35 ans, n’a pas d’avocat. "Sur combien de trucs je dois m’expliquer aujourd’hui ?" Un conseil lui aurait sans doute été utile. Mais le dossier a déjà été remis plusieurs fois; un des plaignants a fait le déplacement. "Je vais me défendre seul", dit-il.(...)