Belgique Pour les concepteurs du projet ‘Racines’, un enfant ne peut apprendre convenablement s’il n’est pas ancré dans son histoire familiale.

Qui suis-je ?" La question est intemporelle, mais peut-être rarement a-t-elle soulevé autant d’incertitudes qu’aujourd’hui. Vinciane Hanquet, dans sa classe d’abord, et aujourd’hui dans de nombreuses écoles, a tenu à prendre cette question à bras-le-corps avec ses élèves. C’est elle qui a lancé il y a cinq ans, et qui coordonne encore aujourd’hui, le projet ‘Racines’.

Apaiser le passé

"Dans mes classes, j’ai réalisé que les élèves, consciemment ou inconsciemment, portaient sur leurs épaules l’histoire, les forces, les non-dits et les blessures des générations qui les ont précédés. Et ce poids est un obstacle à l’apprentissage. Il peut être source de blocages. Aujourd’hui également, parce que les familles recomposées, déchirées ou issues de l’immigration sont de plus en plus nombreuses, beaucoup d’enfants sont coupés de leurs racines. Ils ne les connaissent pas, ne comprennent pas ou ne savent pas pourquoi ils sont en Belgique. Or, pour pouvoir apprendre librement, un enfant doit comprendre d’où il est, et mieux percevoir qui il est. Il doit être en paix avec ses racines. Tout notre projet vise donc à cela : permettre aux enfants de découvrir d’où ils viennent, quelle fut l’histoire des générations qui les ont précédés. Qu’elle soit douloureuse ou belle, ce qui est certain, c’est que c’est seulement quand on connaît son histoire qu’on peut l’accepter. Et c’est une fois qu’il a un ancrage, qu’un jeune peut assurer sa propre histoire, et défricher son chemin."