Belgique

L’on estime qu’au cours de ces 40 dernières années, il a témoigné de l’horreur nazie et de la volonté de survivre dans la résistance devant plus de 50 000 jeunes. Avec David Lachman, dont on a appris la disparition à 85 ans, est parti un grand monsieur, de la trempe des vrais humanistes, qui, malgré le poids des ans et la maladie, n’a eu de cesse de vouloir inculquer la tolérance, le respect et le sens de la dignité humaine.

Arrivé de Pologne en 1928, à l’âge de 4 ans, David Lachman avait adhéré à la Jeune garde socialiste, où il avait eu Arthur Haulot comme moniteur. En mai 1940, il rejoignit l’Armée belge des Partisans. Très vite, on lui confia des missions délicates dont la moindre ne fut pas l’attaque de l’hôpital de Tirlemont, où avaient été dirigés plusieurs blessés de l’attaque héroïque du XXe convoi peu après son départ de Malines pour Auschwitz, le 19 avril 1943. Il était moins cinq : les résistants se sont retrouvés face aux soldats allemands et n’ont eu la vie sauve que par leur acharnement à ne pas être faits prisonniers. Si David Lachman réussit une autre opération du genre à Alost, il avoua humblement qu’un assaut de l’hôpital d’Etterbeek se termina très mal.

Le résistant fut très actif dans la région d’Ath et en Brabant wallon mais c’est à Bruxelles qu’il tomba dans une embuscade allemande, en avril 1944. Déporté à Auschwitz où il retrouva son père, Lachman y résista encore et toujours. Ce qui lui permit de survivre en 1945 aux marches de la mort. Depuis lors, il avait toujours voulu témoigner, inquiet de la résurgence de l’extrême droite.