De Gucht : "On est trop mou pour la N-VA !"

Christian Laporte Publié le - Mis à jour le

Belgique

Ces derniers temps, le commissaire européen Karel De Gucht avait adopté un profil médiatique très bas, s’imposant une réserve de bon aloi pour ne pas intervenir dans la politique nationale (et régionale) ni dans celle de son parti l’Open VLD. Mais quand on chasse le naturel, il revient toujours au galop chez le grand homme de Berlare qui a fait un retour très remarqué, dimanche à la VRT sur le plateau du "Zevende Dag". Il est vrai que ça sent de plus en plus le roussi pour les libéraux flamands. En effet, alors que le baromètre "La Libre"-RTBF le gratifiait encore de 11,6 % des voix il y a 10 jours, celui du "Standaard" et de la VRT publié ce week-end et clôturé après notre consultation annonçait un nouveau ressac de l’Open VLD. Et de manière un peu cruelle, le grand quotidien flamand faisait remarquer que les libéraux flamands ne pèsent même pas un tiers du score-fleuve de 36,3 % dont est gratifié la N-VA; enfin, même si le CD&V n’y représente plus que 18,5 %, il émerge quand même plus que jamais comme seul vrai challenger des nationalistes du nord du pays.

Bref, l’Open VLD poursuit sa descente aux enfers alors que selon Karel De Gucht, la Flandre a plus que jamais besoin d’un grand parti libéral. Et comme pour prévenir les réactions de ceux qui y voient comme un "come-back" vers la politique nationale, Karel De Gucht s’est voulu très clair : ce n’est nullement son intention et il ne sera donc pas "candidat-sauveur-pompier" à la présidence du VLD à la fin de cette année même si l’état de santé du parti qui est le sien depuis 35 ans ne peut que lui faire mal. Le commissaire européen trouve par contre que son parti "devrait se ressourcer et avancer de manière plus assertive ses idées. En fait, l’Open VLD est bien trop gentil pour la N-VA. Et cela a créé l’impression que tout ce que ce parti entreprend est brillant et idéal. Mais à y regarder de plus près, le parti de De Wever ne fait pas grand-chose !" Lorsqu’on lui réplique que la N-VA donne parfois l’impression de vouloir être la grande force de droite flamande, plus libérale que les libéraux, Karel De Gucht rugit : "Ils ne sont pas vraiment conséquents dans ce sens. Certes ils veulent plus d’autonomie fiscale afin qu’à terme les Flamands doivent payer moins d’impôts, mais ils ne sont pas très crédibles puisqu’ils viennent d’accepter l’augmentation prônée par le gouvernement flamand, soit quand même quelque 700 millions d’euros".

Et De Gucht d’en rajouter une couche en rappelant que "les charges administratives ont aussi augmenté de 10 pc sous le gouvernement Peeters actuel, alors que sous le précédent dans lequel notre parti était présent, elles avaient baissé d’un quart".

Mais Karel De Gucht ne compte pas vraiment sur un effondrement de la N-VA; c’est à l’Open VLD de se profiler comme un grand parti libéral flamand. D’ici le 14 octobre, le parti ne doit pas semer davantage le trouble dans les rangs de ses supporters : "Le ressourcement et l’examen de conscience, ce sera pour après le 14 octobre mais d’ici-là il faut colmater les brèches et mettre en avant tous ses atouts et surtout toutes ses réalisations"

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