Belgique

Il y a peu, Jean-Emile Humblet, décédé le 10 décembre dernier, nous envoyait encore ses commentaires sur l’évolution politique belge et sur l’Eglise catholique qu’il voulait plus audacieuse. Alors qu’il avait passé le cap des 90 ans, ses analyses restaient d’une rare lucidité et il fourmillait encore de projets éditoriaux tout en se battant pour un vrai diocèse du Brabant wallon dans une Eglise francophone belge affranchie.

Avec lui disparaît une génération de militants wallons si nécessaires dans les années 1970 pour inscrire la réalité sudiste sur la carte belge. Son combat fut d’autant plus interpellant qu’il l’entama dès ses années universitaires tout en combattant le nazisme.

Docteur en Droit et licencié en Sciences économiques appliquées de l’Université catholique de Louvain, il y présida la Fédé, la Fédération wallonne des Étudiants de Louvain, et fut un des fondateurs de Rénovation wallonne.

Après un passage à la Fédération des Industries belges puis à la Haute Autorité de la CECA, l’ancêtre de l’Union européenne, il mena une carrière universitaire à l’ICHEC et à Mons après avoir encore décroché un doctorat en sciences sociales à l’ULB.

Adepte du fédéralisme intégral, il entra au Rassemblement wallon (RW) et participa à diverses associations mettant en exergue la francophonie et la Wallonie.

Jean-Emile Humblet fut un ardent défenseur de la solidarité Wallonie-Bruxelles et s’engagea pour la séparation administrative de la province de Brabant dès 1976.

Trois partis wallons successifs

Sénateur direct du RW dans l’arrondissement de Nivelles, il n’assista pas aux votes des lois de régionalisation, mais se rattrapa en participant avec assiduité aux travaux du Conseil régional wallon établi provisoirement au… Novotel de Wépion (1980-1981). Refusant la présentation de listes communes FDF-RW en Wallonie, Jean-Émile Humblet lança en 1981 le Rassemblement populaire wallon favorable à un fédéralisme à trois, basé sur les régions.

Avec l’appui du PS, il devint sénateur provincial du Brabant puis transforma le Rassemblement populaire wallon en Parti wallon. Celui-ci fut présent aux élections de 1985 à Verviers, à Namur, dans le Hainaut, à Nivelles. Et à… Hasselt par solidarité avec Fourons et avec les ingénieurs wallons employés à Mol.

Jean-Emile Humblet quitta la rue de la Loi, mais pas la cause wallonne. Il fut un des plus ardents zélateurs de Eglise-Wallonie et créa la Fondation wallonne Pierre-Marie et Jean-François Humblet, dédiée à deux de ses enfants décédés accidentellement. Cette dernière n’était pas installée par hasard à Louvain-la-Neuve, poste avancé de la Wallonie qui gagne…