Belgique

Il n'existe actuellement aucune procédure officielle pour déterminer si un jeune arrêté a besoin ou non d'un interprète, déplore jeudi l'Union professionnelle de, pour et par les traducteurs et/ou interprètes assermentés en Belgique (UPTIA). La police agit "au feeling", bien que le droit à un interprète est prévu par la loi en Belgique.

L'UPTIA interpelle le gouvernement depuis plusieurs années sur la pénurie d'interprètes. "Une réévaluation et un refinancement de la fonction d'interprète assermenté, combinée à une meilleure formation, est vraiment nécessaire", plaide l'organisation professionnelle. Dans le cadre du dossier relatif au décès de Mawda, le chef de corps de la zone de police Mons-Quévy a déjà mentionné le manque d'interprètes, à la suite d'informations selon laquelle la procédure de protection des mineurs non accompagnés n'aurait pas été respectée dans ce dossier.

L'UPTIA ne se dit pas surprise et rappelle qu'elle interpelle le gouvernement depuis des années au sujet du manque d'interprètes.

Une directive européenne prévoit d'ailleurs la mise en place d'une procédure permettant d'évaluer si un prévenu ou un suspect comprend ou parle la langue de la procédure ou s'il a besoin de l'assistance d'un interprète.

"Le recours à un interprète dépend des listes de noms dont dispose la police et de la disponibilité de ces interprètes." L'Union des interprètes assermentés souligne qu'actuellement, les services de police n'ont pas encore accès au registre national des traducteurs et interprètes. "Il n'y a pas non plus suffisamment d'interprètes disponibles pour certaines langues ou dialectes. De plus, ils ne sont pas assez payés, ce qui n'est pas motivant et explique que certains traducteurs ne veulent plus se déplacer. Il faut absolument dégager des moyens supplémentaires."