Déchets radioactifs de Fleurus: les sommes folles de la Région wallonne

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Belgique Paris Match publie des documents secrets sur les circonstances de la faillite de Best Medical à Fleurus et sur les véritables coûts pour la collectivité du scandale nucléaire qui a éclaté au milieu du mois d'août.

"C’est ainsi que tout récemment, la Région wallonne a reçu officiellement les factures relatives à sa participation dans le traitement des déchets produits par Nordion, soit 13.271.565 FB en 1993 ; 21.919.106 FB en 1994 ; 12.131.859 FB en 1995 ; 24.461.292 FB en 1996 et 28.264.100 FB en 1997. Au total, 100.047.922 FB (ndlr : environ 2,5 millions d’euros) hors TVA sont dus par la Région wallonne à l’IRE." Cet extrait, provenant de l’un des documents secrets publiés ce jeudi par Paris Match, témoigne de la bombe de cette enquête révélant les dessous politiques et financiers du scandale nucléaire de Fleurus.

Pour ce faire, l'un des reporters de Paris Match a enquêté plusieurs semaines, ce qui lui a permis de rencontrer nombre d'anciens travailleurs de Best et de Nordion qui ne s'étaient encore jamais exprimés. Et d'avoir accès à des données de l'instruction en cours à Charleroi pour abus de bien sociaux et détournement de fond à charge de BMB; d'avoir accès à des documents officiels restés secrets à ce jour (notes internes du gouvernement wallon, conventions signés par des responsables politiques wallons et fédéraux), lesquelles mettent en lumière le véritable coût, en termes d'argent public, de l'implantation à Fleurus, en 1990, d'une société privée fabriquant des radio-isotopes (l'ex Nordion, devenue BMB). Ces contrats expliqués dans une perspective chronologique démontrent aussi comment le monde politique belge a accepté d’entériner le principe du "pollueur pas payeur"...

Vu les enjeux financiers importants (et pourtant méconnus) qu'a comporté et comporte encore cette affaire, vu aussi l'exemplarité aussi d'un dossier en termes de gouvernance et de politique économique, cette enquête risque de faire du bruit. Jusqu'où le pouvoir politique doit-il aller pour attirer des investisseurs sur le territoire belge, et singulièrement celui de la Région wallonne ?, s'interroge le magazine.

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