Belgique

Initialement composée d’une centaine d’écoles de l’enseignement fondamental, la communauté collaborative "Décolâge" compte désormais 240 établissements scolaires sur les 1800 qui composent le paysage scolaire fondamental de la Communauté française. Près d’une cinquantaine de centres psycho-médico-sociaux (un centre PMS sur trois) sont impliqués dans le projet. Contraction des termes "décoller", "école" et "âge" et mis en place au bénéfice des enfants âgés de 2,5 à 8 ans, il entend "promouvoir une évolution positive du parcours de l’enfant depuis sa 3e maternelle jusqu’à la fin de la 2e primaire, en développant des alternatives aux pratiques de maintien et de redoublement", indique la ministre de l’Enseignement obligatoire, Mme Simonet (CDH).

Car c’est bien la question du redoublement qui est en jeu ici. Manque de "maturité", difficultés de psychomotricité, problèmes de concentration; les raisons sont multiples de vouloir maintenir un enfant une année supplémentaire en 3e maternelle. On le sait, la ministre lutte activement contre cette pratique. "Plutôt que de garder l’élève une année de plus à ses côtés en se disant qu’il aura de toute façon davantage de temps pour apprendre, mieux vaut outiller l’enseignant de façon à ce qu’il puisse affiner le regard qu’il porte sur le jeune et ainsi adapter son comportement en conséquence", dit-on du côté de la ministre. Et d’ajouter : "A un tel âge, les jeunes sont de véritables éponges. Ils absorbent tout, en ce compris l’image qu’on leur renvoie d’eux-mêmes".

Tout le monde est différent

Une recherche menée conjointement par l’Ulg et l’ULB confirme l’importance de modifier la posture pédagogique pour lutter contre l’échec scolaire, notamment en promouvant les potentialités de chaque apprenant. "Dans une classe, tout le monde est différent, personne n’est au même stade. Le professeur doit être capable de gérer ces différences", insiste-t-on au cabinet Simonet.

Pour ce faire, instituteurs (de fin de maternelle et de début de primaire), directeurs et membres des centres PMS ont suivi des formations. Conseillers pédagogiques et équipes éducatives sont déployés afin de développer un plan individualisé d’accompagnement pour chaque élève en difficulté.

Au total, 240 écoles fondamentales (tant rurales qu’urbaines et réparties de manière équilibrée entre réseaux et zones géographiques) sont impliquées dans ce projet. "Un constat positif", déclare la ministre qui reste prudente : "Après trois mois, nous ne sommes pas encore en mesure de quantifier les effets d’un tel projet". Les derniers chiffres pointaient près de 5 % d’élèves en situation de maintien, soit 2 000 élèves retenus pour une année supplémentaire en 3e maternelle. "Par contre, on devrait pouvoir dire assez rapidement quels effets positifs aura "Décolâge !" sur le bien-être des instituteurs et sur celui des enfants", indique la ministre.

Plusieurs groupes de travail planchent sur la question afin de voir comment l’étendre, à l’avenir, aux autres années du primaire.