Belgique

Décrite à travers le monde comme la plaque tournante du djihadisme en Europe, l’image de Bruxelles a été plus qu’écornée ces derniers jours. La fermeture, à la suite de la menace terroriste, de plusieurs commerces, centres culturels et autres lieux de loisirs n’a pas arrangé les choses pour le secteur touristique de la capitale. "Il y a un mouvement de panique qui est logique et compréhensible dans le secteur touristique à Bruxelles, mais la situation n’est pas catastrophique", relativise Patrick Bontinck, le patron de Visitbrussels, l’organe en charge du tourisme dans la région.

Attaquée sur son image, Bruxelles riposte

Selon M. Bontinck, la baisse de fréquentation dans les hôtels s’est limitée à une chute de 20 % par rapport à l’année dernière depuis le début de l’alerte. "On voit même que les réservations ont commencé à reprendre depuis mercredi. Mais c’est vrai que ces événements coupent notre belle croissance. Avant le 13 novembre, les arrivées à Bruxelles par train ou par avion étaient supérieures de 15 % par rapport à 2014. Selon nos premières infos, sur ces derniers jours, on revient au même niveau que l’année passée."

Après le choc, le secteur va donc contre-attaquer, avec un but : redorer l’image de Bruxelles, en multipliant les messages positifs. Visitbrussels a ainsi demandé un budget supplémentaire "conséquent" à la Région pour lancer une vaste campagne de réhabilitation. "Nous sommes en discussion avec le gouvernement, mais nous sommes confiants : le ministre-Président Rudi Vervoort est bien conscient des problèmes rencontrés par le secteur."

Ce plan de reconquête des touristes se déroulera en plusieurs phases. "Nous allons montrer au monde que Bruxelles revit malgré tout, développe M. Bontinck. I l faut qu’on redonne confiance aux gens, cela ne sert à rien de se replier sur soi-même."

Des chats dans les rues de Bruxelles

Le premier jet de cette campagne a été la mise en ligne d’une courte vidéo de… chats dans les rues de Bruxelles. "Les médias du monde entier, jusqu’en Australie, ont repris cette information drôle et positive, poursuit le patron de Visitbrussels. Le but est aussi de montrer que les grands événements ne sont pas annulés."

Les Plaisirs d’Hiver, le traditionnel marché de Noël, ouvriront donc bien ses portes ce vendredi. Sous haute surveillance. L’événement, qui attire près d’1,5 million de visiteurs, est crucial pour le secteur touristique à Bruxelles. "Le taux d’occupation des hôtels bruxellois tournait autour des 40 % en décembre avant la venue des Plaisirs d’Hiver. On tourne désormais autour de 70 %, voire 80 %."

Une image plus positive sur les réseaux sociaux

Mais le gros du travail devra se réaliser lorsque la tension se sera atténuée. "Quand le niveau d’alerte sera redescendu, et surtout à partir de janvier, nous lancerons une grande campagne sur l’image de Bruxelles qui passera par différents canaux médiatiques", insiste M. Bontinck.

Le patron de Visitbrussels invite aussi tous les Belges à "communiquer positivement sur les réseaux sociaux pour redorer l’image de Bruxelles. Car jusqu’ici, c’était un peu la sinistrose…", conclut-il.