Belgique

La proposition de résolution déposée au Sénat contre les propos papaux par les partis de l’ex-majorité arc-en-ciel n’emportera pas, c’est quasiment sûr maintenant, l’adhésion de tous les partis démocratiques comme son alter ego de la Chambre l’avait eue au terme de longs et laborieux marchandages textuels.

Après le président De Decker (MR), c’est un autre "sage", le CDH Francis Delpérée, qui descend en effet le texte au bazooka.

"J’étais de ceux qui considéraient que le débat à la Chambre sur la résolution déposée par le MR devait clore le débat sur les déclarations africaines de Benoît XVI" , explique le constitutionnaliste à "La Libre". "Je constate aujourd’hui qu’il n’en est rien. C’est le charme du bicaméralisme Un certain nombre de sénateurs, mais pas le président, remettent le couvert. Enhardis, sans doute, par une première discussion, ils en viennent à considérer que, par ses propos - "une seule déclaration inutile et complètement erronée" - le Pape a commis un "crime contre l’humanité !".

"L’excès en tout nuit "

Pour le sénateur CDH, "Jupiter rend fou ceux qu’il veut perdre Egarement, ignorance, provocation ? Je ne sais. Mais ce que je sais, c’est que l’excès des mots et des écrits déforce singulièrement la portée des idées que les membres du Sénat désirent exprimer. Que Benoît XVI ait commis une erreur regrettable de communication est un fait et les circonvolutions autour des mots prononcés et des messages écrits produits par la suite me laissent de marbre. Qu’il ait, dans une sorte de raisonnement par l’absurde, condamné les moyens de contraception, parce que d’autres procédés tels la fidélité, doivent leur être adjoints peut séduire les esprits épris de casuistique mais déconcerter les chrétiens et les citoyens peu habitués à ces logiques rhétoriques".

Pour Francis Delpérée, "ces condamnations ne font pas avancer la lutte contre le sida en Afrique et ailleurs. Pour nous, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui est de règle en Belgique doit jouer dans les deux sens. L’Eglise n’a pas à intervenir dans la conduite concrète des affaires publiques. L’Etat, de son côté, ne doit pas se manifester dans le domaine des affaires spirituelles et religieuses, encore moins condamner (au nom de quoi ou de qui ?) ceux qui penseraient autrement qu’une majorité politique de circonstance, voire ceux qui exprimeraient, maladroitement, on l’a dit, d’autres préoccupations que les leurs".

Et de conclure que "si la résolution Temmerman et consorts vient en discussion, il n’est pas besoin de dire que je ne la voterai pas". Une option qui devrait très logiquement être partagée par tous les membres de son groupe