Belgique

La Belgique a dû attendre un mois avant d'obtenir des réponses à des questions posées à l'Agence de sécurité alimentaire néerlandaise au sujet de la contamination d'oeufs au fipronil, a déploré mercredi le ministre de l'Agriculture Denis Ducarme en Commission à la Chambre. Le rapport qu'il a reçu de l'Afsca fait aussi état de la présence de fipronil dans des oeufs aux Pays-Bas détectée dès novembre 2016. "Aucune confirmation officielle des Pays-Bas ne nous est parvenue", assure le ministre. "Si nous avions eu ces informations avant, la vigilance aurait été accrue", a-t-il ajouté. "Mais nous ne disposions pas de ces informations, tout reposait donc sur l'autocontrôle."

Le nouveau ministre de l'Agriculture a par ailleurs déploré qu'un mois se soit écoulé entre une demande de l'Agence pour la sécurité de la chaîne alimentaire à son homologue néerlandais au sujet d'une société de service avicole néerlandaise et d'un producteur d'aliments pour animaux aux Pays-Bas. Une demande encore réitérée le 26 juin.

L'Afsca a reçu ce jour-là des informations concernant des contrôles réalisés chez des fournisseurs d'aliments néerlandais, mais toujours pas celles concernant la firme objet de la question. "Or, cela nous aurait permis d'identifier plus rapidement la liste des clients de cette entreprise", a encore déclaré Denis Ducarme.

Le 13 juillet, soit près d'un mois après sa demande formelle, l'Afsca a obtenu une double notification de ses voisins. Ceux-ci précisent premièrement que mi-mars, un paquet contenant du fipronil, au nom personnel d'un producteur/distributeur belge de Dega-16 (insecticide censé être naturel) à destination d'une adresse néerlandaise, a été saisi à l'aéroport de Schiphol. Ensuite qu'une enquête criminelle avait été ouverte à l'encontre de la société de services avicoles néerlandaise. A partir de ce moment-là, l'agence néerlandaise "ne peut plus nous communiquer les informations que nous lui réclamons depuis un mois. Elle ne communiquera dès lors jamais d'elle-même les informations demandées par l'Afsca."

"Un mois!", a répété Denis Ducarme. "Un mois sans la moindre information de l'agence néerlandaise. Cela veut dire quoi? Cela veut dire que nous n'avons pas pu avoir accès à la liste des clients de la firme hollandaise, et que l'Afsca n'a donc pas pu déterminer plus tôt le périmètre suspect qu'elle a pu déterminer par la suite, et qui concerne 86 exploitants. Nous avons donc perdu un mois pour faire les tests. Et cela, ce n'est pas possible. Quand un pays comme les Pays-Bas, un des plus gros exportateurs d'œufs, ne transmet pas cette info, ça pose vraiment problème!"


Jean-Marc Nollet et Karine Lalieux déplorent l'absence de Willy Borsus à la Chambre

L'absence de Willy Borsus, encore ministre fédéral de l'Agriculture au début de la crise sur la contamination d'œufs au fipronil, devant les commissions réunies de l'Economie et de la Santé publique, a été critiquée par l'opposition mercredi. "Je regrette l'absence de M. Borsus", a souligné d'emblée le député fédéral Ecolo Jean-Marc Nollet. "J'ai explicitement demandé qu'il soit présent parce que c'est lui qui gérait la crise et qui avait les informations. (...) Cela empêchera d'avoir un débat aujourd'hui. Je souhaitais lui poser des questions."

Karine Lalieux (PS) s'est également dite "absolument convaincue qu'il faut entendre non seulement Willy Borsus, qui était le ministre compétent dans cette crise", mais aussi "des vétérinaires indépendants et des laboratoires". "L'urgence pour les citoyens, c'est la transparence. C'est une information complète, juste, claire et vraie."

D'autres parlementaires ont regretté le fait de devoir se réunir mercredi sur base d'un rapport de l'Afsca dont il n'avaient pas encore reçu de copie.

Les commissions réunies de l'Economie et de la Santé publique entendent mercredi le nouveau ministre de l'Agriculture, Denis Ducarme, ainsi que la ministre de la Santé, Maggie De Block, au sujet du développement des événements depuis le premier signalement de la présence de fipronil en Belgique début juin et de ses conséquences.

Des questions seront également posées à l'administrateur délégué de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, Herman Diricks, et au directeur de la DG contrôle, Jean-Marie Dochy.