Belgique

Réduire l'intensité de l'éclairage sur le réseau autoroutier wallon, tel est l'objectif qu'aimerait atteindre le Ministère de l'Équipement et des Transports (Met). Pour ce faire, une expérience pilote devrait avoir lieu dans le courant de cette année - vers l'automne probablement - sur un tronçon d'une dizaine de kilomètres de la E 25-E 411. Une enveloppe de 750.000 euros est inscrite à cette fin au budget 2004. «Cela concerne uniquement les poteaux installés au milieu de la berme centrale», explique Jean-Marie Poncelet, inspecteur général au Met. «Ceux-ci comportent généralement 4 lampes. Nous voudrions installer un module électronique dans chaque poteau - une sorte d'interrupteur - qui permettra de limiter à distance et lampe par lampe l'allumage. L'idée est de n'allumer que deux lampes sur les quatre pour réaliser des économies d'énergie. Nous verrons si l'éclairage est toujours suffisant et nous calculerons les économies que cela permet de faire en évaluant notamment le gain sur les coûts d'exploitation (moins d'entretien, de lampes à changer...)». Ce n'est qu'après cette évaluation que l'on verra s'il y a lieu d'étendre la mesure. «Dans tous les cas, on ne réduirait l'éclairage que pendant des tranches horaires où le trafic est moindre, en tenant compte des particularités des tronçons et de leur fréquentation.»

Du côté de l'Institut belge pour la sécurité routière (IBSR), on ne manifeste aucune inquiétude particulière par rapport à ce projet. «L'éclairage en soi, explique Benoît Godart, est un facteur non prépondérant dans l'explication de beaucoup d'accidents la nuit. S'il apporte un supplément de confort aux conducteurs qui empruntent généralement les autoroutes pour des trajets assez longs, il a aussi ses inconvénients. Premièrement, il procure un faux sentiment de sécurité à l'automobiliste qui, voyant mieux et plus loin, a tendance à rouler plus vite. Or on sait que la vitesse accroît le risque d'accidents graves. Deuxièmement, il retarde la perception de la fatigue chez certains conducteurs. Et enfin, les poteaux d'éclairage en eux-mêmes représentent des obstacles qui, sur les autoroutes, sont à l'origine d'un nombre important de tués. En Flandre, les nouveaux tronçons d'autoroute ne sont d'ailleurs plus équipés d'éclairage.»

© La Libre Belgique 2004