Belgique

C’est l’un des grands défis auxquels s’attelle la Région bruxelloise : l’essor considérable de sa population d’ici à 2020. Celle-ci devrait gonfler de près de 13 %, passant d’1 088 138 à 1 230 611 habitants. Un tel boom démographique engendrera, logiquement, de nouveaux besoins en termes de logements, d’emplois, de mobilité, mais aussi et surtout en termes de places de crèches et d’écoles maternelles, primaires et secondaires. Selon diverses études, il faudra créer, d’ici dix ans, à Bruxelles, 9 321 places dans l’enseignement maternel, 20 669 dans le primaire et 12 507 dans le secondaire, soit 42 497 places.

La Région bruxelloise a lancé un appel à projets visant à la création de quelque 3 800 places, via vingt projets de construction modulaire et neuf projets de rénovation. De leurs côtés, Communauté française et Communauté flamande se sont engagées à créer, d’ici 2017, respectivement 4 100 et 1 800 places à Bruxelles. Malgré tout, il manquera, en 2015, 2 356 places dans le maternel et le primaire à Bruxelles.

"Pour un bon dossier de création de places d’école, géré par le secteur public et qui roule, il faut cinq ans, indique Françoise Bertieaux, chef de file des libéraux bruxellois, députée bruxelloise et chef de groupe MR au parlement de la Communauté française. Or le privé a les coudées franches dans les délais. Je me suis donc demandée comment faire intervenir le secteur privé." Son idée ? Mettre sur pied un système d’Agences immobilières scolaires, sur le modèle des Agences immobilières sociales (AIS) qui prévaut dans le secteur du logement. Le principe ? Permettre à des propriétaires privés (de bureaux vides, d’immeubles inoccupés ) de mettre à disposition des réseaux d’enseignement, moyennant un loyer modéré mais assuré par l’AIS, leur bien, en vue de permettre l’extension d’écoles existantes. Ce qui permettrait, espère Mme Bertieaux, de dégager des places dès la rentrée scolaire 2012. "En outre, en cas de décrue démographique, ces places pourraient être réaffectées."

Mme Bertieaux a déposé une proposition de résolution visant à créer une AIS scolaire au parlement bruxellois. Si le dispositif devait être élaboré, il nécessiterait l’instauration d’accords de coopération entre entités fédérées.