Belgique

D'après De Standaard, des candidats jugés inaptes lors de la procédure de sélection à la formation de police sont néanmoins invités à poursuivre en raison de la pénurie d'agents. 

Plusieurs sources anonymes dénoncent samedi dans le quotidien flamand des pressions politiques pour atteindre à tout prix les objectifs fixés par le ministre de l'Intérieur Jan Jambon. Contacté par l'agence Belga, son porte-parole réfute ces allégations qu'il qualifie de "grotesques". 

En raison de la pénurie d'agents de police, le ministre de l'Intérieur souhaite procéder à 1.400 embauches par an. Selon De Standaard, des candidats au passé trouble de criminels, bagarreurs ou actifs dans le milieu des drogues dures passent la sélection. Et ce, souvent en dépit d'avis négatifs formulés par le service de sélection et des scores insuffisants obtenus. Des personnes qui avaient déjà essuyé un refus lors de sélections précédentes ont par ailleurs été admises à la formation de police.

D'après le cabinet de M. Jambon, la police fédérale a reçu ordre de faire la lumière sur ces témoignages et démêler le vrai du faux le plus rapidement possible.

Le cabinet réfute toute pression politique. "A aucun moment, il n'a été question d'exercer des pressions pour laisser passer des candidats, bien au contraire", affirme le porte-parole de M. Jambon, Olivier Van Raemdonck.

Selon lui, le service en charge des recrutements et la procédure de sélection, jugée trop lente, doivent être réformés. "Il peut parfois s'écouler un an avant que les candidats reçoivent le résultat d'une seule épreuve", commente-t-il. "Nous soupçonnons dès lors que ça ne plaise pas à tout le monde", ajoute-t-il, faisant allusion aux témoignages incendiaires récoltés par De Standaard.

"La procédure de sélection actuelle est trop longue. Les différentes épreuves se déroulent sur des laps de temps trop éloignés. Après des années de désinvestissement dans la police, nous comptons bien rattraper le temps perdu", conclut-il.