Belgique

Claude Emonts, qui présidait aux destinées du CPAS de Liège de 1995 à 2015, s'est dit choqué, jeudi soir, par l'important détournement de fonds effectué par un employé du Centre public d'action sociale. En aveu, un homme de 61 ans a été placé sous mandat d'arrêt dimanche dernier pour avoir empoché des centaines de milliers d'euros au cours des 15 dernières années. L'information, révélée par le Vif/L'Express, a été confirmée par le parquet de Liège.

Le Liégeois de 61 ans est suspecté d'avoir prélevé de l'argent depuis 2003 sur le compte du règlement collectif de dettes du CPAS, un compte qui sert normalement à verser un revenu aux personnes surendettées et à rembourser leurs créanciers. L'homme investissait ensuite les sommes détournées dans l'immobilier.

L'épouse du suspect a été inculpée de blanchiment et libérée sous conditions. La directrice générale du CPAS de Liège, Nathalie Rutten, estime les fonds détournés à "entre 150.000 et 200.000 euros". Ce montant, qui gonfle de jour en jour, pourrait encore augmenter.

L'ancien président du CPAS Claude Emonts, qui a de nombreuses fois été confronté au sexagénaire, s'est déclaré "véritablement stupéfait d'apprendre que cet homme a agi de la sorte pendant de nombreuses années sans jamais se faire prendre. C'est surprenant de constater qu'un individu, d'apparence respectable, a réussi à commettre une telle escroquerie". Cette stupéfaction est d'autant plus grande que le profil de cet homme "ne colle absolument pas avec celui d'un voleur", estime Claude Emonts qui précise que "cet homme, qui a obtenu le diplôme de juriste au Congo, a été moine dans sa jeunesse".

L'affaire a été révélée le 14 février dernier, après la détection d'une anomalie lors de l'analyse du dossier individuel d'une personne sur endettée. Le suspect étant absent, un de ses collègues a dès lors repris le dossier et découvert la supercherie. Le directeur financier du CPAS a déposé plainte le lendemain auprès du parquet de Liège, qui a mis le dossier à l'instruction pour "détournement commis par fonctionnaire, faux commis par fonctionnaire et blanchiment", raconte Le Vif.

"Il m'était réellement impossible de savoir que des fonds manquaient durant mon mandat de président", ajoute l'ancien président de la structure. "Le CPAS est basé sur un système pyramidal donc je ne suis pas le premier à être informé par ce genre de problèmes".