Belgique

Les manèges à poneys font partie intégrante des foires et des kermesses depuis des dizaines d’années, pour le bonheur des plus petits et parfois de leurs parents. Mais cette tradition est sur le point de disparaître de notre paysage.

En effet, elle est pointée du doigt depuis plusieurs années par les associations de défense de la cause animale.

"Les animaux n’ont pas leur place dans les foires. C’est bruyant et stressant. Ils ont besoin de pâturer et de manger à longueur de journée mais là, ils se retrouvent à tourner dans le même sens à longueur de journée sans avoir d’autre activité. C’est de l’esclavage ! ", déclare-t-on chez Animaux en péril.

Et les associations ne sont pas les seules à s’indigner des conditions de vie de ces poneys : des pétitions demandant leur interdiction rassemblent des centaines de signatures.

En 2015, l’Unité wallonne du bien-être animal a reçu quatre plaintes et un contrôle a été effectué à la foire de Liège.

C’est dans ce contexte de protestation que le ministre wallon du Bien-être animal Carlo Di Antonio a décidé d’y mettre fin en Wallonie.

Pas question d’un arrêt brutal dans ce dossier, la fin des manèges à poneys se fera en douceur. Pour y parvenir, plusieurs règles ont été établies par le ministre. Pour commencer : l’interdiction pour tout nouveau venu de se lancer dans le secteur des manèges à poneys.

Le ministre prévoit d’interdire également aux propriétaires de remettre leur activité à leur descendance.

Du côté de l’Association de défense des forains belges, on dénonce un véritable acharnement.

"J’ai vu des oiseaux en cage sur des marchés et là, on ne dit rien ! On a suivi toutes les directives à la lettre, on a eu beaucoup de frais et des tas de vétérinaires ont dit que nos poneys se portaient bien. Un poney n’est pas plus malheureux dans un manège que dans une ferme", dénonce Walter Dotremont, le président de l’association.


"Nos poneys ont une vie de rois!"

Victor Debel, propriétaire d’un manège de foire 

1. Depuis quand pratiquez-vous cette activité ?

" Ça fait quatre générations qu’on fait ça dans ma famille. Vous savez, au prix que ça coûte, il faut vraiment le vouloir pour le faire. C’est du boulot jour et nuit et le bénéfice n’est pas énorme. Je fais ça parce que je suis un homme de cheval, pas pour gagner de l’argent. "

2. Que répondez-vous à ceux qui réclament l’interdiction des manèges ?

" C’est de l’ignorance, de l’incompétence ! Il y a des gens qui ne savent pas faire la différence entre le devant et le derrière d’un cheval et qui parlent, c’est tristounet ! On a raconté que nos poneys étaient aveugles et qu’ils étaient fous mais c’est n’importe quoi. On a vu des vétérinaires et nos poneys n’ont rien. On est montré du doigt mais ils ont une vie de rois, nos poneys ! On est revenu au Moyen-Âge, c’est de la chasse aux sorcières!"

3. Vous pensez que le travail effectué par ces animaux leur fait du bien ?

" Vous savez, un cheval doit bouger et travailler. Si le poney ne bouge pas, vous avez de gros problèmes. Ce n’est pas un chihuahua, c’est la bête la plus forte. Moi je veux bien faire une randonnée avec le ministre et il verra qu’il n’y a rien de plus fort qu’un cheval. Si le cheval savait parler, le ministre comprendrait : nos poneys ont une belle vie. Les gens qui nous font des misères devraient plutôt s’occuper des vrais problèmes. "