Belgique

Chaque fois qu’une église est désacralisée, l’émotion gagne d’anciens fidèles qui y vécurent les grands rites de passage personnels et ceux de leurs proches - baptêmes, confirmations, mariages, funérailles…

Plutôt que de les voir destinées à des usages diamétralement opposés à leur fonction initiale, deux députés flamands de la N-VA, Sofie Joosen et Peter Wouters, ont creusé à fond la piste de leur réaffectation comme columbariums afin d’y rassembler dans un environnement respectueux les urnes de défunts ayant opté pour la crémation.

Un cimetière en tout ou en partie dans une ex-église ? Pourquoi pas ? En Flandre, c’est déjà le cas dans deux paroisses : St-Pierre à Grimde (Tirlemont) qui est une nécropole militaire depuis la Grande Guerre (la photo) et St-Roch à Ulbeek dans l’entité de Wellen (Limbourg) où un cimetière public a été implanté depuis 2012. Les deux députés flamands ont donc fait amender le second décret flamand sur les funérailles et sépultures d’octobre dernier qui remplace celui d’avril 2004 qui se substitua à la loi du 20 juillet 1971. En fait, Joosen et Wouters ont voulu corriger une anomalie selon laquelle seules des églises encore entourées de cimetières pouvaient aller dans la direction d’un usage relatif à la conservation des cendres. "Le problème" expliquent de concert les deux élus "est que de nombreux cimetières autour des églises ont déjà été fermés et transformés en zones de parking ou zones vertes dans le noyau central des communes".

Installer un columbarium dans une église ou partie d’église désacralisée offre aux familles des disparus un lieu serein qui incite à la prière ou à la méditation. Autres avantages : c’est un lieu protégé des intempéries et en général bien situé au centre des villages. Sofie Joosen et Peters Wouters remarquent aussi à bon escient que leur suggestion va dans la droite ligne des dernières recommandations du Vatican sur les crémations… Ils ont donc présenté le projet à l’archevêché qui s’est engagé à le soutenir.