Belgique

Des dizaines de taxis, plus de 70 selon la police et près de 150 selon les organisateurs, sont rassemblés depuis 07H00 mardi sur la place Rogier, à Bruxelles, pour demander des mesures contre les chauffeurs de la société Uber qui travaillent sous couvert d'un statut limousine. La circulation n'a été que peu perturbée, selon la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles Ilse Van de Keere. Elle signale toutefois que des bus De Lijn ont mis en place une déviation à proximité du rassemblement.

Une délégation est en route pour inviter le ministre bruxellois de la Mobilité à partager du pain sec et ainsi dénoncer symboliquement le régime que son absence de mesures fait subir aux chauffeurs de taxis. Elle se rendra ensuite au cabinet du ministre-Président du gouvernement bruxellois Rudi Vervoort, où elle sera reçue à 09H00. Le rassemblement devrait durer jusqu'au retour de la délégation vers 10H00.

Il s'agit d'une première action, qui n'a pas vocation à bloquer la circulation mais à rester statique. "C'est le premier coup d'une longue série d'actions ces prochains mois si des mesures ne sont pas prises", explique Philippe Lescot, représentant de la CSC-TRANSCOM. "Les chauffeurs de taxi essaient de ne pas prendre la population en otage et de ne déranger personne. J'espère qu'on ne va pas être obligés de faire des actions qui vont nous rappeler comment on mène des combats".

Cela fait maintenant plus de 1.000 jours que le gouvernement bruxellois promet un Plan taxi qui permettrait de moderniser le secteur à Bruxelles. La seconde mouture du plan est décriée par le secteur des taxis. "Il organiserait un bain social, en faisant disparaître 1.800 jobs de chauffeur de taxi en les remplaçant par des mini-jobs, à la solde de multinationales comme Uber", dénonce Philippe Lescot de la CSC-Transcom.

De très nombreux chauffeurs Uber de Flandre et de Wallonie ont pris des licences limousine et viennent travailler à Bruxelles. Le secteur s'oppose aussi à l'introduction via ce plan du "surge pricing", une tarification dynamique qui permettrait d'augmenter le prix des courses jusqu'à 2,5 fois le tarif en vigueur.

Cette action est menée en front commun par les représentants du secteur des taxis bruxellois, qui comptent entre autres les syndicats FGTB-UBT, CSC-TRANSCOM et CGSLB, mais aussi la centrale les Taxis bleus et les associations les Taxis ucclois 2000, Taxi United, Autolux, GTL ou la Fédération belge des Taxis.