Belgique

Les enfants se sentent-ils bien dans leurs baskets à l’école ? Ont-ils des copains ? Sont-ils à l’aise en classe et dans la cour de récré ? Tous les quatre ans, une enquête internationale (dénommée HBSC) sonde les élèves de 41 pays sur le sentiment de bien-être des élèves. Pour les jeunes francophones, c’est le Service d’information promotion éducation santé (Sipes) de l’Ecole de santé publique de l’ULB, qui, avec le soutien de la Communauté française, traite et analyse les données. Pour la dernière étude, menée courant 2006, 11 927 enfants (de la 5e primaire à la rhétorique) ont complété le questionnaire. L’échantillon est représentatif des provinces et des réseaux.

Les résultats de cette enquête viennent d’être livrés. Et ils sont, à certains égards, très interpellants. Sur les 12 000 enfants interrogés, quasi la moitié (49 %) s’estiment "heureux" et près d’un tiers (32,2%) se disent même "très heureux". A côté de ces réponses réjouissantes, on trouve tout de même 15,7 % de gamins qui ne se sentent "pas très heureux" et 3,1 % "pas heureux du tout". Entre 1994 et 2006, la tendance indique une légère augmentation du sentiment de bonheur - mais elle n’est pas statistiquement significative.

En revanche, on observe une diminution claire du sentiment de confiance en soi, surtout des jeunes adolescents, depuis 1994, et singulièrement entre les deux dernières enquêtes, entre 2002 et 2006.

Près de 60 % des enfants ont "confiance en eux" ("toujours" pour 23 % et "souvent" pour 36,7 %). La question relative à la capacité de pouvoir s’en sortir en cas de difficulté ou de problème donne des chiffres tout à fait comparables. Mais ils sont tout de même plus de 15 % à "ne pas avoir confiance" en eux ("jamais" pour 4,6 % et "rarement" pour 10,7 %) et 8,4 % pensent "ne pas pouvoir s’en sortir seuls en cas de problème".

Parmi les indicateurs de bien-être des enfants sur les bancs, il y a le fait d’aimer ou non l’école. Ainsi, 58 % d’entre eux "aiment beaucoup" ou "bien". Ce qui veut dire aussi qu’à l’inverse, 42 % des élèves n’aiment pas l’école Les trois quarts ne sont pas stressés par le travail scolaire (74 %) ; 83 % affirment ne pas avoir de problèmes d’intégration. Un tiers des enfants disent ne pas avoir d’amis à l’école et/ou trouvent qu’il est difficile d’en avoir.

Les filles, moins nombreuses que les garçons à ne pas aimer l’école (10,5 %, contre 15,9 %) ont pourtant presque deux fois moins confiance en elles (53,2 %, contre 27,9 %) qu’eux et sont plus stressées (32,5 %, contre 18,8 %) par le travail scolaire.

Sans surprise, les enfants issus de familles matériellement défavorisées ont beaucoup plus de difficultés pour tous les indicateurs liés au bien-être, sauf pour le stress lié à l’école (pas de différences) et le racket (ils en sont logiquement moins victimes). Mais la perception d’insécurité est plus importante dans les milieux moins favorisés. Les mômes de familles monoparentales et les jeunes qui ne vivent pas avec leurs parents ont eux aussi plus de mal pour les indicateurs de bien-être, sauf pour le stress lié à l’école et l’insécurité sur le chemin de l’école. Pour eux, l’école semble être perçue comme un facteur de stabilité.

Des différences se marquent entre filières. L’enseignement général a les meilleurs indicateurs de bien-être à l’école (sauf pour le fait d’aimer l’école). Les élèves du technique ont moins confiance en eux et ont un moins bon score d’intégration scolaire. Pour les élèves du professionnel, on note plus de problèmes liés à la sécurité dans le quartier, sur le chemin de l’école, à l’école... C’est une différence notable avec le général et le technique.