Belgique

Tarik Jadaoun, un djihadiste belge, a expliqué, lors d'un interrogatoire mené par la justice irakienne, comment il était parti se battre en Syrie et de quelle façon il a atterri dans les rangs de l'organisation terroriste Etat islamique (EI). L'homme est souvent considéré comme le successeur d'Abdelhamid Abaaoud, un autre djihadiste belge qui était une figure-clé de la cellule terroriste de Verviers et des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. 

Le site internet d'informations irakien Iraqi News a publié récemment un compte rendu de son audition, qui a été également relayé par plusieurs médias belges. Tarik Jadaoun, dont le nom de combattant est Abu Hamza al-Beljiki, y confie qu'il s'est radicalisé en prison à Liège, après avoir commis un vol dans un supermarché, sous l'influence d'un trafiquant de drogues tunisien. Après une peine d'un an de prison, l'intéressé s'est alors mis à la recherche de ses anciens compagnons de cellule et s'est plongé dans la littérature djihadiste jusqu'à ce qu'il soit prêt à partir se battre en Syrie et en Irak.

Le Verviétois est passé à l'acte en compagnie de son ami proche Redwan Hajaoui. Tous deux ont ultérieurement été rejoints par une troisième connaissance, l'ex-militaire Lotfi Aoumeur. Ils se sont rendus ensemble en Turquie via la Roumanie, pour ensuite entrer en Syrie à l'aide de combattants locaux et aboutir finalement à Raqqa, la capitale du califat de l'EI.

Là-bas ainsi que dans la ville de Tabqa, Tarik Jadaoun et trois autres nouveaux arrivants ont reçu une formation au djihadisme, ont suivi un entraînement aux sports de combat et ont juré allégeance à Abu Bakr al-Baghdadi, le fondateur de l'organisation terroriste. A l'issue de cette période probatoire, le Belge touchait un salaire mensuel de 100 dollars et a été placé à un poste de garde à la frontière turco-syrienne.

Dans une autre partie de son audition, le Verviétois a expliqué qu'il avait également appris à 60 "enfants de Daech", des djihadistes en herbe âgés entre 8 et 13 ans, à utiliser des armes à feu et à se battre. Il s'agissait principalement d'enfants de migrants syriens, selon lui.

Tarik Jadaoun supervisait également, d'après ses dires, des cellules terroristes en Europe et cherchait des personnes pour commettre des attentats en Europe et aux Etats-Unis. Il encourageait par ailleurs les gens en Europe à venir prendre part au combat armé en Syrie et en Irak. "J'ai enregistré des vidéos à Mossoul où j'exhortais des moudjahidines en Europe, surtout en France et en Belgique, à commettre des attentats-suicides", dit-il dans son audition.

Le djihadiste a d'ailleurs été envoyé à Mossoul en 2015, où il s'est battu avec plusieurs autres contre les troupes irakiennes. Mais, plus ces dernières gagnaient du terrain, plus le désaccord au sein de leur groupe a grandi entre l'option de se rendre et celle de se battre jusqu'à la mort. Le Verviétois choisira finalement cette seconde possibilité jusqu'à être arrêté le 13 juillet dernier dans la partie occidentale de la ville.