Belgique

L'octroi du Prix de femme de l'année à Khadidiatou Diallo pour son combat contre les mutilations sexuelles n'était pas qu'académique pour le Conseil des femmes francophones. Ce dernier est, en effet, bien décidé à poursuivre la mobilisation pour que l'on cesse ces pratiques indignes pour les femmes dans le tiers-monde.

La semaine dernière, Nathalie Gilson, vice-présidente du Conseil et députée bruxelloise MR a ainsi participé à Bamako à une conférence internationale sur cette thématique.

«Le Mali est très concerné explique la députée car 92 pc de la population féminine entre 12 et 55 ans en est toujours victime sur place. Reste que le gouvernement malien vient de ratifier le protocole de Maputo dont l'article 5 prévoit que les pays signataires doivent se doter d'instruments législatifs pour interdire les mutilations.»

Mais c'est plus vite dit que fait: «Beaucoup d'ONG locales manquent de moyens mais il y a surtout la très forte opposition des imams sur place. Et pourtant, nombre de musulmans admettent que les mutilations génitales sont antérieures au Coran et qu'elles n'ont donc rien à voir avec la religion.»

Mobilisation

Nathalie Gilson est néanmoins optimiste car la présence de plusieurs parlementaires mais aussi de représentants d'ONG a débouché sur une déclaration finale très volontariste. Son optimisme est également nourri par une découverte du terrain local. «Au village de Satinébougou que nous avons eu l'occasion de visiter, les 400 habitants ont décidé d'abandonner la pratique des mutilations après avoir découvert le cortège de souffrances et de complications liées aux mutilations génitales...» Mais il ne suffit pas de mobiliser en Afrique; chez nous aussi il s'impose de faire preuve d'un grand sens de l'écoute face à la problématique. C'est pourquoi Nathalie Gilson a provoqué une rencontre à Bruxelles entre le Commissariat général aux réfugiés et apatrides et les porte-parole du Groupement d'action contre les mutilations sexuelles dont la femme de l'année, Khadidiatou Diallo.

«Cette rencontre avait tout son sens commente Nathalie Gilson. Elle a permis aux agents d'être sensibilisés à la fois sur le contexte culturel mais aussi sur les conséquences sanitaires et psychologiques de ces pratiques. Lorsqu'ils traiteront les dossiers de victimes de mutilations, il faut qu'ils soient conscients de l'existence de telles pratiques et puissent agir en gardant toutes les conséquences desdites mutilations à l'esprit...»

© La Libre Belgique 2006