Belgique

C’est une réalité qui dérange : en Wallonie, quelque 3 000 adultes en situation de grande faiblesse (parcours psychiatrique, passé carcéral, vie dans la rue, déficience intellectuelle, handicap, assuétudes…) sont hébergés dans une cinquantaine de “maisons pirates”, faute de place dans le circuit officiel d’accueil. Ces structures d’hébergement non agréées (SHNA) accueillent donc des pensionnaires sans cadre légal. Elles poussent à proximité des hôpitaux psychiatriques et se concentrent dans le Hainaut et la région du Centre, où les loyers sont les moins élevés. Mais on en trouve aussi à Liège et dans les autres villes wallonnes,

Certaines “maisons pirates” tournent plus ou moins bien mais beaucoup dysfonctionnent gravement. Le personnel est insuffisant et/ou non qualifié; il n’y a pas de soins adéquats; la distribution de médicaments se fait de façon non contrôlée…

En cause : l’absence d’encadrement légal et le manque de contrôle. Si les “maisons pirates” ne sont pas en soi illégales, elles ne s’inscrivent dans aucune réglementation.

Pas de budgets...

Pour mettre un peu d’ordre dans ce secteur, le député wallon CDH Benoît Drèze a initié une proposition de décret visant à insérer dans le Code wallon de l’action sociale et de la santé des dispositions relatives à l’hébergement collectif des personnes en difficultés prolongées.

Ce texte a été approuvé mardi en commission du Parlement wallon, avec l’appui du MR (le PS s’est abstenu). Il prévoit une série de normes minimales en termes de sécurité, d’éthique, d’hygiène et de formation du personnel… Les établissements existants qui y répondent pourront obtenir une reconnaissance officielle; les autres, qui n’offrent pas aux résidents une qualité minimale d’hébergement seront interdits.

Reste la question des budgets nécessaires pour subventionner les maisons pirates qui seraient ou se mettraient en ordre. Sur ce point, la proposition de décret est muette. Ce que n’a pas manqué de dénoncer l’opposition PS.