Belgique

Nul automobiliste n'ignore que l'autoroute E 411 Bruxelles-Luxembourg aura dû être rénovée de fond en comble dans sa partie ardennaise. Les derniers chantiers en cours en témoignent assez.

Cette réhabilitation longue et lourde serait-elle, en sus, déficiente? La question s'est posée mercredi au Parlement wallon, non sans crispation. Député riverain, Dimitri Fourny (CDH) interrogeait le ministre de l'Equipement, Michel Daerden (PS), sur des dégradations entre Neufchâteau et Rulles, un tronçon réhabilité dans la direction d'Arlon. «J'aimerais être sûr que l'on ne renouvelle pas les erreurs du passé», indiquait le Luxembourgeois. A sa manière toujours un peu rigolarde, le ministre répondit qu'il n'y avait pas de quoi mobiliser l'assemblée pour un souci réel mais réduit à 2 x 20 m2, à rapporter aux 2 600 000 m2 (couche de surface seule) qui auront été réhabilités! Passablement vexé, le député rétorqua que le problème était plus important - «Je ne peux admettre qu'il soit traité sur le ton de la dérision»... Après quoi, hors perchoir, le ministre invoquait un malentendu.

En fait, il s'avère que, sur ce même et seul tronçon, deux difficultés différentes sont apparues, début mars.

D'abord, des dégradations en deux plaques, chacune de 20 à 25 m2 effectivement, distantes de 300 mètres, en tout début de ce qui fut un chantier. L'entrepreneur reconnaît le problème, redevable de l'exécution du démarrage des travaux. A ses frais, la zone sera rabotée et reposée. Ce ne pourra pas être avant août, après que soit terminé l'un des nouveaux chantiers tout proche.

Ensuite, plic-ploc sur les deux premiers kilomètres du tronçon réhabilité, surtout sur la voie lente, sont apparus des petits «décrochements». Ces trous ont d'abord la taille d'une orange écrasée, puis s'agrandissent. Mais sous l'effet mécanique du trafic, pas par défaut de collage généralisé. Et c'est la couche pelliculaire qui défaille, pas le béton, sans fissure. D'ailleurs, on n'a pas remarqué de nouvelle dégradation depuis le 6 mars. Reste à déterminer la cause exacte de ces défauts ponctuels. Mais on n'attendra pas que les responsabilités soient fixées pour procéder aux réparations, par un produit de bonne adhérence (les surfaces étant ici trop petites pour être arrachées).

«Je ne veux rien minimiser, résume dans les deux cas Pierre-Yves Trillet, ingénieur responsable des chantiers. Pour l'image de la réhabilitation, on peut considérer que ces imperfections sont regrettables. Mais il n'y a pas de problème de sécurité, ni de durabilité. Et tout est maîtrisé, techniquement comme administrativement».

© La Libre Belgique 2006