Belgique

Le président du Forum des organisations juives, Eli Ringer, a pris acte des explications données à la communauté juive d'Anvers par Bart De Wever. Le président de la N-VA a demandé à rencontrer celle-ci mardi (voir ci-dessus). "Nous lui avons dit que nous avions été choqués par ses propos et que nous étions inquiets pour l'avenir", observe M.Ringer. "Son mea culpa est-il convaincant ? L'avenir nous le dira. Que M. De Wever ait sollicité la rencontre est positif. La discussion a été franche, ouverte et c'est une bonne chose. Mais il faut voir désormais si M. De Wever, qui prétend notamment que ses propos ont été tirés de leur contexte, saura accepter de tout coeur les excu ses présentées par le bourgmestre d'Anvers, Patrick Janssens, s'il sera capable de tenir un langage plus conforme à la réalité".

Pour Philippe Markiewicz, président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique, contacté avant la rencontre de mardi, les déclarations du président de la N-VA sont "choquantes". "Le rapport du Centre d'études guerre et société contemporaines, commandé par le Sénat, a montré de façon explicite que certains mandataires de l'époque ont contribué aux rafles de Juifs", commente M. Markiewicz, "Le bourgmestre Janssens, à l'occasion d'un colloque organisé dans sa ville, a lancé, à l'adresse de la communauté juive et de toutes les autres communautés, un signal positif et posé un geste courageux", ajoute-t-il, s'étonnant que M. De Wever critique une attitude qu'il juge légitime. Surtout, il ne comprend pas que le politicien ait cru bon d'établir un parallèle avec la situation des Palestiniens dans les territoires occupés. "Les juifs de Belgique sont des citoyens belges. Nous ne sommes pas une succursale de l'ambassade d'Israël. Alors que M. De Wever n'essaie pas d'importer un conflit extérieur. C'est d'autant plus inadmissible que notre communauté souhaite la paix au Proche-Orient", indique le président de la C.C.O.J.B, pour qui ce comportement n'est pas digne d'un homme qui se voit un destin national.

Julien Klener, président du Consistoire central israélite, estime, lui, que M. De Wever a raté une occasion de se taire et a rouvert inutilement une cicatrice dans le coeur de la communauté juive. Quant à Judith Kronfeld, secrétaire générale de l'Association des déportés juifs, elle attendait mardi que les partis démocratiques expriment leur rejet de tels propos et que le CD & V se démarque de l'attitude "intolérable" de M. De Wever, concluant que "le nationalisme mène toujours aux dérapages et à la surenchère".