Belgique

Appréhender la réalité financière des syndicats est loin d'être une mince affaire. Contrairement à la Grande-Bretagne où les organisations de travailleurs ont une personnalité juridique, les syndicats belges sont des associations de fait et ne sont donc pas obligés de rentrer leurs comptes à la Banque nationale. Par conséquent, il faut se baser sur les déclarations qu'ils ont bien voulu nous accorder pour se faire une idée de leur situation financière.

La principale source de financement des syndicats provient des cotisations des affiliés qui sont ventilées différemment suivant chaque organisation. A la Confédération des syndicats chrétiens (CSC), les affiliés (1,7 million) versent entre 8 et 12,4 € par mois dont 35,5 pc vont à sa fédération, sa centrale en perçoit 33,4 pc, la caisse centrale de résistance (encore appelée la caisse de grève, les chômeurs n'y participent pas) hérite de 8,5 pc de la cotisation et la confédération, 22,6 pc. Le tarif varie en fonction du statut de l'affilié, les inactifs paient moins que les actifs. La CSC annonce déjà une majoration de la cotisation de 50 cents pour les premiers et de 35 cents pour les seconds.

A la FGTB (1,2 million de membres) où règne une décentralisation, un montant minimum est fixé au niveau national (entre 11,16 € et 12,39 €), les centrales et les fédérations sont libres de le majorer ou le garder intact. A la CGSLB (223000 affiliés), la cotisation varie entre 8,2 € (chômeur, prépensionné) et 12,60 € (ouvrier).

A la CSC, les représentants reversent leurs jetons de présence (administrateurs, etc.), ce qui représente une autre source de revenus pour le syndicat chrétien. Au total, la CSC brasse un budget annuel d'environ 250 millions d'euros contre 129 millions pour la FGTB et 14 millions pour la CGSLB (1/3 va à la caisse de résistance, 2/3 consacrés au fonctionnement). «La FGTB n'a pas de caisse de grève interprofessionnelle comme à la CSC», précise Alain Lambert, secrétaire de la FGTB wallonne. Mais il y a un débat interne au syndicat socialiste à propos de la centralisation ou non de la caisse de grève.

Caisse secrète de résistance

Même s'ils drainent d'importantes sommes d'argent, les syndicats en consacrent une grande partie à leur fonctionnement. La CSC emploie environ 2750 personnes équivalent temps plein (ETP) dont plus de 780 sont affectés au paiement des allocations de chômage.

A l'instar de la CSC, la FGTB et la CGSLB reçoivent une dotation de l'Onem pour remplir leurs tâches en matière de chômage: 58,35 millions d'euros pour la CSC et 10,39 millions pour la CGSLB en 2001. Si les subsides publics (chômage) font l'objet d'un contrôle régulier (les vérificateurs de l'Onem effectuent régulièrement des visites trimestrielles dans les bâtiments syndicaux), il n'en est pas de même pour la caisse de grève.

Malgré les pourcentages avancés par les uns ou les autres, on n'en connaît pas vraiment le montant. Tout au plus, la CSC déclare qu'elle a mis une partie de la caisse de grève (environ 25 millions d'euros) au Grand Duché de Luxembourg. «Ce n'est pas de l'argent noir. Le transfert d'une partie de la caisse de grève à l'étranger a notamment pour but de limiter la vulnérabilité du syndicat notamment contre une intervention des pouvoirs publics (entre autres blocage des comptes) en cas de grève générale ou d'autres actions», explique Roland Dewulf du secrétariat de Josly Piette, patron du syndicat chrétien.

Non à un statut juridique

«Le montant total de la caisse de grève est un secret syndical», sourit Roland Dewulf. Selon certaines sources, le syndicat chrétien serait capable de mobiliser plus de 337 millions d'euros en cas de grève générale et rémunérer près d'un million de ses affiliés pendant au moins deux semaines. La FGTB affirme n'avoir aucun compte à son nom à l'étranger comme pour se démarquer de sa consoeur. «Notre trésor de guerre est en Belgique et est placé dans des obligations d'Etat, ce sont des placements non spéculatifs (pas d'actions de sociétés) et nous payons des impôts dessus», précise encore Alain Lambert.

La situation est différente dans le secteur de la fonction publique. Ici, c'est l'Etat qui paie les primes syndicales aux travailleurs syndiqués. Et dans certaines entreprises publiques autonomes comme à la SNCB, les cotisations (ou une partie) sont payées par l'entreprise.

Vu leur capacité de mobilisation et le taux de syndicalisation très élevé (53,8 pc pour la CSC, 7,2 pc pour la CGSLB), les organisations syndicales sont un véritable organe de pouvoir. Et des voix s'élèvent pour qu'elles soient encadrées par un statut juridique précis. «Nous n'avons de statut juridique et nous ne tenons pas à en avoir. Nous respectons la loi et la situation actuelle garantit la liberté d'action et de grève. Un statut juridique nous affaiblirait, car nous pourrions dans ce cas, être poursuivis pour des actions de grève sauvages», défendent en choeur les syndicats.

© La Libre Belgique 2004





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