Belgique Un inspecteur de la police fédérale et un importateur d’armes s’en tirent bien.

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a acquitté, mercredi, Gregory S., un inspecteur de la police fédérale, et Alain B., un importateur d’armes, prévenus d’avoir faussé un marché destiné à l’achat de 8 000 pistolets par la police fédérale en 2011 et poursuivis pour faux et corruption.

Grégory S. était suspecté d’avoir faussé des rapports d’évaluation d’armes afin de favoriser celles fabriquées par l’entreprise Smith & Wesson. Alain B. était accusé d’avoir tenté de corrompre un autre inspecteur, Philippe B., aujourd’hui décédé et pour lequel le tribunal a déclaré éteinte l’action publique.

Agissements discutables mais pas délictueux

Le tribunal a relevé que certains agissements posaient question mais que rien ne permettait de prouver les délits avancés par le parquet. S’il parle de "favoritisme" et de "subjectivité" de la part de l’inspecteur Philippe B., ainsi que de "contacts inopportuns", il précise qu’"il n’est pas certain, finalement, que cela ait eu une incidence sur le cahier des charges et que Smith & Wesson ait bénéficié d’un traitement différencié".

Concernant le cahier des charges même, dont le parquet soupçonnait qu’il avait été rédigé de manière à favoriser les armes Smith & Wesson, le tribunal relève que "certains critères étaient discutables" mais qu’"il n’y a pas de preuve qu’il a été fait usage de moyens frauduleux" pour favoriser l’entreprise américaine.

Enfin, concernant les faits de corruption de Philippe B. et Alain B., le tribunal a estimé qu’il n’était pas prouvé que le rachat à moindre prix de la voiture d’Alain B. par Philippe B. avait constitué une offre avantageuse.

Quant aux voyages payés par la société d’Alain B. à Philippe B. en 2012, le tribunal a estimé qu’il n’était pas possible de les lier au marché d’armes. (Belga)