Belgique

L'armée belge dépêchera début septembre et pour quatre mois deux contingents - l'un terrestre, l'autre aérien - en Lituanie dans le cadre du renforcement de la présence militaire de l'Otan en Europe de l'est. L'objectif est de dissuader la Russie de toute velléité d'agression, a appris l'agence Belga de sources militaires. 

Une compagnie renforcée de la composante Terre a commencé à se déployer pour rejoindre le camp militaire de Rukla (centre de la Lituanie) où elle s'intégrera début septembre au sein d'un bataillon multinational commandé par l'Allemagne. Le matériel - dont des blindés à roues Piranha - est déjà parti par bateau et le personnel doit être au complet le 3 septembre, a précisé un porte-parole militaire à l'agence Belga.

Un peloton de reconnaissance luxembourgeois sera joindre au détachement belge fort d'environ 230 militaires, principalement fourni par le 1er/3ème bataillon de Lanciers, stationné à Marche-en-Famenne, mais avec des renforts d'autres unités (médicales, logistiques, de transmissions et de génie...).

En octobre, un instructeur spécialisé dans le domaine du renseignement dispensera également durant un mois une formation au profit des forces spéciales lituanniennes. Un planificateur en communication stratégique (StratCom) est déjà intégré dans l'état-major du bataillon allemand depuis février et jusqu'en décembre.

Renforcement du flanc oriental

La Belgique participe depuis 2017 au renforcement du flanc oriental de l'Alliance atlantique face à une Russie considérée comme plus "agressive", qui se traduit par le déploiement par rotations de quatre bataillons multinationaux dans les trois pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) ainsi qu'en Pologne, sous l'appellation d'"enhanced Forward Presence" (eFP).

La composante Air a pour sa part entamé le déploiement de quatre chasseurs-bombardiers F-16 et d'une cinquantaine de personnes sur la base aérienne de Siauliai (nord de la Lituanie) dans le cadre de la mission de police aérienne de l'Otan baptisée BAP ("Baltic Air Policing"). Les avions sont déjà sur place et seront opérationnels samedi, le 1er septembre, selon un autre porte-parole.

Le détachement sera placé sous la responsabilité du 2ème wing tactique de Florennes durant les deux premiers mois, avant d'être relevé par du personnel de 10ème wing tactique de Kleine-Brogel (Limbourg).

La Luftwaffe allemande dépêchera pour sa part en renfort quatre Eurofighter à Amari (Estonie) en renfort. Mais l'Allemagne a prévu d'assurer deux rotations successives, la seconde s'étendant de janvier à avril 2019, selon le Commandement aérien allié (Aircom) installé à Ramstein (ouest de l'Allemagne).

Les F-16 belges et les Eurofighter allemands remplaceront, pour cette 48ème rotation BAP, des appareils de même type fournis par le Portugal et l'Espagne ainsi que des Mirage 2000C français.

Huitième participation belge

Il s'agit de la huitième participation belge à la mission BAP ou à son volet renforcé en 2014 à la suite de l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou, l'"Enhanced Air Policing Mission" (EAPM).

La Belgique avait, en mars 2004, été le premier pays allié à assurer la mission BAP, entamée au moment même où sept nouveaux membres, dont les trois baltes, adhéraient à l'Otan lors d'une cérémonie à la Maison Blanche à Washington.

Depuis lors, dix-sept aviations alliées se sont succédé pour protéger l'espace aérien des pays baltes, dépourvus d'avions de combat.