Belgique Elles sont détenues au centre fermé de Bruges. Elles vivent en Belgique depuis plus de dix ans.

Fefe Tuluka et Clarisse Mbongo, deux femmes congolaises détenues au centre fermé de Bruges, ont entrepris une grève de la faim il y a maintenant huit jours. Elles sont menacées d’expulsion vers la République démocratique du Congo (RDC).

Leur démarche est un appel de détresse qu’elles lancent aux autorités belges et internationales. "Pas entendues, en détresse, à bout, elles ne voient pas d’autres moyens que la grève de la faim pour dénoncer la situation qu’elles vivent. Elles sont affaiblies mais ne sont pas consultées par un médecin externe", dénonce dans un communiqué John’s Mbulula du Front d’actions des migrants.

Des militantes

Fefe Tuluka est journaliste militante, connue pour son engagement pour la démocratie en RDC. Arrivée en Belgique en 2006, elle est depuis en couple avec une personne ayant la résidence permanente. Une première tentative d’expulsion la concernant a échoué fin juillet. La seconde devait se faire ce jeudi 17 août mais a été reportée à la semaine suivante.

Clarisse Mbongo est elle aussi détenue au centre fermé de Bruges. Elle s’y trouve depuis novembre 2016, soit depuis plus de 8 mois. "J’attends, ici parfois les gens s’arrêtent de manger et pleurent. C’est ça la vie au centre", déclare-t-elle.

Les deux femmes ont un profil similaire. Clarisse aussi s’est installée en Belgique il y a maintenant plus de 10 ans.

En 2009, elle obtient un avis positif à la suite de sa demande de régularisation "mais à la suite de diverses maladresses, son dossier s’est perdu dans les méandres de l’administration. En fin de compte, le délai a été dépassé et elle s’est retrouvée, contre son gré et contre toute logique, dans la clandestinité", détaille John’s Mbulula.

Durant ces années en Belgique, entre 2009 et 2016, Clarisse a construit sa vie, notamment de couple. C’est chez son compagnon qu’elle a été arrêtée.

Les deux femmes détenues, qui critiquent leur pays d’origine, craignent d’être persécutées si elles sont renvoyées vers la RDC.

Menacées parce que critiques

"Les autorités belges savent que ces deux dames ont toujours critiqué le régime en place en RDC, et risquent leur vie en cas de retour. La Belgique et l’Europe sont conscientes du sort réservé à ceux qui critiquent le pouvoir." Fin mai, l’Union européenne s’apprêtait à sanctionner neuf responsables congolais, dont plusieurs ministres, impliqués, selon elle, dans des cas de violation des droits de l’homme.

Pour rappel, la RDC ne fait pas partie de la liste des pays d’origine sûrs, inscrite au moniteur belge. Malgré cela, l’analyse se fait au cas par cas et des expulsions sont possibles. Un pays d’origine peut être considéré comme sûr si, de manière générale et durable, il n’y est pas question de persécutions au sens de la convention de Genève, ni de risque réel de subir des atteintes graves.