Belgique

Le parquet fédéral a requis lundi, devant la cour d'appel d'Anvers, dix ans de prison contre le secrétaire général du DHKP-C, Dursun Karatas, et son bras-droit Musa Asoglu, qui se trouvaient tous les deux à la tête du mouvement turc d'extrême gauche, selon lui. Le procureur fédéral, Johan Delmulle, a également requis une amende de 5.000 euros à l'encontre de Musa Asoglu.

Il a demandé sept ans de prison et 5.000 euros d'amende contre Bahar Kimyongür qui, selon lui, occupait une position clé de par son travail au bureau d'information du DHKP-C à Bruxelles.

Quatre autres prévenus, dont la fugitive Fehriye Erdal, encourent cinq ans d'emprisonnement si la cour suit le réquisitoire du ministère public. Les prévenus sont poursuivis comme membres ou dirigeants d'une organisation criminelle et d'un groupe terroriste, pour association de malfaiteurs, infractions à la loi sur les armes, faux en écriture et recel.

"Le DHKP-C n'est pas un courant politique ou un mouvement turc progressiste. En témoignent les armes retrouvées dans l'appartement et les documents saisis, qui ressemblent à un roman de guerre. Cette organisation a sur sa conscience les centaines d'assassinats d'officiers de l'armée, de policiers, de magistrats et d'hommes politiques et est même interdite dans certains pays voisins" de la Belgique, a déclaré le procureur fédéral.

Il a affirmé que le DHKP-C était dirigé, au niveau international, de la Belgique, où il était ancré. La centralisation et le traitement de tous les rapports sur le fonctionnement et les actions du DHKP-C étaient effectués dans l'appartement de Duibergen. Le recrutement des membres, la propagande et l'élimination des opposants ou des traîtres y étaient réglés. Le secrétaire général, Dursun Karatas, a longtemps séjourné dans cet appartement, ce qui renforce encore l'importance des activités qui y étaient menées, selon M. Delmulle

Le bureau d'information du DHKP-C à Bruxelles, où travaillaient Musa Asoglu et Bahar Kimyongür, était chargé de la communication internationale sur les trafics et les attaques commises par l'organisation.

D'après le parquet fédéral, ils étaient mandatés pour revendiquer, minimiser ou légitimer des attaques. Il a contredit la thèse de la défense, selon qui les activité du bureau d'information sont protégées par la liberté de la presse et d'opinion.

"Il n'est pas dans mes intentions de juger les personnes qui approuvent ou réprouvent les attentats. Mais il est dans mes attributions de veiller à ce qu'une organisation terroriste qui commet un attentat ne puisse pas impunément le revendiquer dans notre pays. C'est pourtant ce que la défense vous demande de faire", a déclaré M. Delmulle à l'adresse de la cour.

"Si des membres d'Al Qaïda commenttent un attentat à la bombe à Londres, les autoriserons-nous à venir le revendiquer ici, sans les punir?", a-t-il ajouté. Il a insisté sur le fait que la revendication était peut-être le moment le plus important de l'attentat, parce qu'elle procurer une notoriété à l'organisation qui l'a commis.

Le procureur fédéral a aussi balayé l'argument de l'état de nécessité ou de la force irrésistible. Le DHKP-C ne lutte pas pour le droit à l'autodétermination ou pour la restauration des valeurs démocratiques, mais vise seulement à renverser l'Etat turc au moyen d'attentats, afin de mettre en place un régime marxiste-léniniste, a-t-il estimé.

La Belgique ne peut pas devenir un port d'ancrage pour les groupements terroristes, qui veulent s'y établir en invoquant l'argument de l'état de nécessité, a-t-il conclu.