Belgique

La concertation sociale va enfin pouvoir reprendre. Au lendemain de la manifestation syndicale, et au terme d’un long travail de rapprochement des positions, jeudi soir et vendredi matin, les différentes branches de la coalition gouvernementale ont accordé leurs violons sur la réponse qu’ils adresseront aux partenaires sociaux. Organisations de travailleurs et d’employeurs attendaient avec impatience que l’équipe Di Rupo se prononce sur les quatre avis que le groupe des Dix (les plus hauts représentants syndicaux et patronaux) avait émis sur quatre thèmes précis : la baisse des cotisations patronales, la liaison des allocations sociales au bien-être, le relèvement du salaire minimum interprofessionnel et la flexibilité du temps de travail.

La réponse gouvernementale est enfin prête. Elle sera communiquée au groupe des Dix mercredi prochain, 27 février. Et selon différentes sources gouvernementales, la réaction des partenaires sociaux devrait être positive, le comité ministériel restreint en étant très largement resté à l’accord tel qu’il avait été négocié par les syndicats et les employeurs.

Si tel est le cas, on peut imaginer que la FGTB mettra alors fin au boycott temporaire de la concertation sociale qu’elle avait décrété, notamment en raison de cette absence de réponse, qui pouvait laisser penser que le gouvernement, ou du moins son aile la plus droitière, souhaitait remettre en cause un équilibre pourtant difficilement atteint.

Vendredi, les partenaires sociaux ne se sont cependant pas avancés. Tant la Fédération des entreprises de Belgique que les syndicats socialiste et chrétien attendront de voir les réponses précises de l’équipe Di Rupo avant de se prononcer.

Car le gouvernement, qui a tout de même mis sur la table 800 millions d’euros (sur base annuelle) dans cette affaire, s’est permis d’apporter l’une ou l’autre adaptations au travail du groupe des Dix.

En matière de baisses des cotisations patronales, il semble que le kern a eu une petite pensée pour le secteur non marchand qui, dans l’accord des Dix, ne bénéficiait aucunement des diminutions de charges. Un secteur pourtant en manque de bras, et qui assure transformer chaque baisse de cotisation en engagement. Le kern s’est mis d’accord pour y compenser l’augmentation du salaire minimum par une baisse des charges, pour un montant total de 1,5 million d’euros. Et pour demander aux partenaires sociaux que, à partir de 2015, le secteur non marchand soit lui aussi pleinement intégré dans les baisses de charges.

En matière d’allocations, le gouvernement demande également de légères adaptations aux partenaires sociaux. Premièrement, les entreprises qui utilisent de manière récurrente le chômage économique devront élaborer un plan de formation pour les travailleurs au chômage. Une demande qui émane du Parlement, qui a adopté à l’unanimité une résolution visant à profiter des périodes de chômage économique pour renforcer le bagage des travailleurs. Deuxièmement, la situation des personnes qui travaillent à temps partiel avec un complément de chômage devra être améliorée. Troisièmement, l’augmentation du pécule de vacances devra concerner tous les pensionnés et en particulier les pensions les plus basses. Cette augmentation touchera notamment les pensions des indépendants, pour lesquelles s’est particulièrement battu Alexander De Croo (Open VLD).

L’avis du G10 sur le salaire minimum n’a pour sa part fait l’objet d’aucune remarque du gouvernement.

Enfin, le volet modernisation du marché du travail (entendez augmentation de la flexibilité) est adopté tel quel. Pour rappel, il concerne l’annualisation du temps de travail, les heures supplémentaires, les horaires flottants, ainsi qu’une nouvelle forme de contrat à temps partiel à trois quarts temps.