Belgique

La crise financière et sociale qui secoue le monde s'est invitée dimanche au congrès de rentrée du PS à Namur. Le président Elio Di Rupo s'est gaussé de ceux qui jusqu'il y a peu qualifiaient le socialisme d'idéologie archaïque. Face à la faillite du libéralisme, le socialisme est "moderne" et incarne une "solution d'avenir", a-t-il dit.

Selon le président du PS, le socialisme "est le seul capable de concilier progrès social et développement économique", là où, selon lui, "le libéralisme s'avère incapable de générer spontanément du progrès social".

Répétant sa volonté d'une meilleure régulation du monde économique et d'un contrôle du monde financier, Elio Di Rupo a invité les militants socialistes à rester vigilants. Il faut s'organiser en une véritable "force de progrès pour éviter le retour de ces gens", a-t-il dit, appelant syndicats, mutuelles, secteur associatif, bénévoles et militants à se mobiliser avec les socialistes pour"fédérer" tout le pays dans cette gestion de "rupture" avec le système actuel. "Ne croyez pas qu'ils vont se laisser faire. Ils ont quémandé l'Etat", et aujourd'hui ils sont "à Monaco! ", a dit le président du PS, en référence à un lunch organisé vendredi par la branche Assurances de Fortis dans le plus somptueux palace de la principauté et à un événement similaire mis sur pied par Dexia.

La vice-première ministre Laurette Onkelinx a également évoqué le monde financier qui a défilé ces dernières semaines au "kern" et au Conseil des ministres. "Eux qui quelque temps auparavant nous regardaient de haut, avec l'arrogance condescendante des grands de ce monde face aux nains de la politique, je les ai vus devant moi implorer l'intervention de la puissance publique". Mme Onkelinx a ajouté qu'on aurait presque pu les prendre "en pitié" face au drame, si on ne s'était rappelé leur "immense responsabilité" et "leurs murmures depuis tant d'années sur la honte d'être socialiste, cette idéologie du passé dans laquelle l'Etat, les pouvoirs publics occupent une place centrale".

Le gouvernement est réuni en conclave ce week-end, à deux jours de la déclaration de politique générale, censée être balisée par le budget, que le premier ministre Yves Leterme doit en principe présenter mardi à la Chambre. Mais "le parti socialiste ne veut pas d'un budget d'austérité", a indiqué Laurette Onkelinx, précisant qu'il faudra accorder, à l'instar de ce qui a été dégagé l'an passé, au moins 800 millions d'euros pour le pouvoir d'achat. "Je veux au moins cela pour cette année. J'ai le temps, si on finit les travaux d'ici demain soir, je serai la première heureuse, sinon, nous continuerons calmement", a-t-elle averti.

Mme Onkelinx a exprimé son "ras-le-bol de cette situation surréaliste où il faut arrêter les travaux budgétaires pour se transformer en assemblée d'actionnaires", pour permettre à certains de participer à des "réunions européennes" ou fournir des "explications à la presse" sur les interventions de garanties. Cela ne peut être une "excuse" pour ne pas répondre aux "besoins criants de nos populations en matière de pouvoir d'achat", a-t-elle lancé. Laurette Onkelinx a notamment indiqué que tous les socialistes faisaient corps derrière Paul Magnette pour plafonner les prix de l'électricité. "Les libéraux ne voulaient pas non plus de la régulation financière", a-t-elle rappelé, rejetant l'idée d'un combat qui ne serait qu'utopique en faveur de la démocratisation des prix de l'énergie. Le patron de GDF Suez Gérard Mestrallet avait reproché au ministre Magnette d'avoir fait chuter le cours de la bourse par ses déclarations. "Mensonge", a dit Laurette Onkelinx, même si c'est à prendre pour des "louanges".

Les militants socialistes étaient réunis dimanche au Palais des Congrès de Namur, comble pour l'occasion, à deux jours de la rentrée parlementaire. Entièrement consacré à la crise, le Congrès de rentrée a brièvement fait écho à la crise institutionnelle. "Il faut résoudre les trois crises, financière, sociale et institutionnelle, pour permettre de travailler avec des Régions renforcées", a indiqué Elio Di Rupo au nom d'un "parti qui, quand ça va mal, répond présent". Revigorés, les principaux ténors du PS ont terminé sur le podium, entonnant le "chiffon rouge".