Belgique Le ministre bruxellois Didier Gosuin veut que le fédéral encadre mieux l’économie collaborative. Il fustige la "nébuleuse" Uber. Entretien.

Didier Gosuin (DéFi), le ministre bruxellois de l’économie, réagit à la montée en puissance des nouvelles plateformes digitales à Bruxelles.


Uber (transports), Airbnb (logement entre particuliers) et consorts sont en pleine expansion. Que représente l’économie dite collaborative à Bruxelles ?

Bruxelles est une région urbaine et il est logique que ce type de plateformes soient plus présentes ici que dans les autres régions. On estime que le montant des transactions de l’économie collaborative se situait entre 17 et 20 millions d’euros en 2016 pour Bruxelles. Mais ce chiffre devrait quintupler en 2020 pour atteindre les 100 millions d’euros (500 millions pour la Belgique). Le phénomène est mondial, le chiffre d’affaires des plateformes collaboratives est actuellement de 28 milliards d’euros pour l’ensemble de la planète.

En tant que ministre, êtes-vous favorable au développement de ce type d’économie dans la capitale ?

Le rôle d’une Région est de booster ou pas ce type d’économie. D’y croire ou de ne pas y croire. Nous avons été les premiers à encourager le développement de plateformes digitales d’échanges que ce soit d’outils ou de vêtements. Tous ces efforts, comme ceux pour promouvoir l’économie circulaire et sociale, ont été salués par l’Europe. La mentalité des jeunes est en train de changer : faut-il encore posséder une foreuse alors que l’on utilise cet outil très rarement ? On le voit aussi avec le succès des applications de voitures partagées, comme Drive Now ou Zipcar, que l’usage de la voiture devient plus important que sa propriété. Nous allons d’ailleurs inaugurer ce jeudi un incubateur permettant l’émergence de ces initiatives collaboratives. Certains au sein du gouvernement bruxellois ont une vision plus conservatrice sur le sujet, mais je suis le ministre de l’Economie.

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