Belgique

"A tout problème complexe il y a une réponse simple et elle est fausse." Cette phrase d’Umberto Eco trône en tête du site Web de Didier Viviers. N’attendez donc pas de lui qu’il vous dévoile, dans la seconde, les premières mesures qu’il prendra s’il est élu le 7 décembre prochain. Pour lui, le job de recteur s’envisage surtout à long terme. Assez logique, pour le professeur d’histoire et d’archéologie qu’il est. Agé de 47 ans, père de trois enfants, Didier Viviers est un spécialiste de la citoyenneté grecque. Au fil des années, il a pris du galon à l’ULB, passant par les postes de conseiller pour la recherche en sciences humaines auprès du recteur de Maret en 2000, puis de vice-doyen de la Fac de Philo et Lettres, en 2004, avant d’aboutir, en 2008, au décanat de la Faculté.

Ses priorités, s’il devait devenir le prochain recteur de l’ULB ? Elles tournent autour de trois axes. 1° En matière d’enseignement, il souhaite avant tout une meilleure coordination des initiatives pédagogiques développées ces dernières années, en étant attentif à l’aide sociale aux étudiants, à leur bonne orientation et aux structures d’étude, telles que les "learning centers", à développer, à partir des bibliothèques existantes, pour permettre aux étudiants d’étudier, d’avoir accès aux outils informatiques, de préparer leurs travaux. 2° En matière de recherche, le Pr Viviers voit deux urgences : accroître la souplesse aux chercheurs dans l’utilisation des crédits afin de leur permettre de travailler à plus long terme, et maintenir le potentiel humain, surtout en recherche fondamentale. 3° En matière internationale, enfin, il veut poursuivre l’internationalisation de l’ULB (déjà leader en terme d’étudiants étrangers en Communauté française), en renforçant son attractivité pour les professeurs et les chercheurs.

Quant à la crise que traverse aujourd’hui l’ULB, Didiers Viviers tient d’abord à la relativiser : "La crise est au CA. C’est une crise de gouvernance. Au quotidien, je ne croise pas d’opposition systématique entre académiques et non-académiques. Mais une fois passés les enjeux électoraux, il faudra se mettre à table et réexaminer la manière la plus efficace de gérer l’université, voir si les structures doivent être adaptées, dans la tradition participative de l’ULB". Enfin, sur le paysage universitaire francophone, il prône une réduction de la concurrence entre institutions, qui se battent pour les étudiants, vu l’enveloppe budgétaire fermée, et réaffirme "le rôle incontournable de l’ULB dans le développement régional hennuyer, avec nos partenaires universitaires et des Hautes Ecoles".