Belgique

Dieudonné, son assistant Benjamin Montagne et Les productions de la plume, ont déposé jeudi matin une plainte avec constitution de partie civile contre le propriétaire du Fiesta Club Olivier Da Silva et son équipe, les policiers de la zone Bruxelles-Ixelles, le commissaire de police et toute autre autorité hiérarchique sur ordre de laquelle les policiers seraient intervenus pour interrompre la représentation du 9 mai.

Dieudonné et ses avocats Me Laquay et Me Courtoy ont tenu une conférence de presse jeudi pour motiver leur décision, dans un bus à la place Poelaert à Bruxelles, devant le Palais de justice.

Ils reprochent à Olivier Da Silva et à ceux de son équipe qui sont intervenus des menaces, coups et/ou blessures volontaires sur Benjamin Montagne, association de malfaiteurs.

Contre les 200 policiers, le commissaire de police et les autorités supérieures, ils demandent que soient retenus l'attentat aux droits et libertés garantis par la Constitution, association de malfaiteurs, coalition de fonctionnaires contre la liberté d'expression, usage illégitime de violence contre les personnes par des dépositaires de l'autorité publique et menaces.

Aux forces de police est ajoutée la non-assistance à personne en danger (concernant Benjamin Montagne). Au commissaire et aux autorités supérieures, la réquisition de la force publique contre la chose publique est spécifiée. Ayant reçu une centaine de mails de soutien de spectateurs, ils espèrent que certains se constitueront également partie civile.

Dieudonné invite Freddy Thielemans à s'expliquer

Bien que dans sa plainte déposée jeudi matin Dieudonné ne vise pas formellement le bourgmestre de la ville de Bruxelles Freddy Thielemans (PS) de par son immunité parlementaire, il l'invite à venir s'expliquer devant la justice.

Nicolas Dassonville, le porte-parole du bourgmestre, indique cependant que "Freddy Thielemans ne donnera aucune réaction et ne fera aucune publicité à ce monsieur en alimentant sa polémique." "Freddy Thielemans s'est conduit comme un Staline aux petits pieds", a déclaré Me Courtoy. Il juge que son action "digne du temps du soviétisme triomphant bafoue l'Etat de droit", faisant référence à la mobilisation de 200 policiers et d'autopompes pour interrompre un spectacle.

Il relève que Freddy Thielemans est passé outre la décision du Conseil d'Etat prononcé en 2009 qui empêchait une mesure préventive de police pour interdire le spectacle de Dieudonné et indiquait que seules des poursuites répressives pourraient estimer si des propos étaient antisémites. Dieudonné souligne qu'il n'est pas de la compétence du bourgmestre de juger du caractère antisémite du spectacle. Il assure que "Rendez-nous Jésus" est distribué en dvd en France sans censure: "On est en train de vulgariser un phénomène qui a causé la mort de beaucoup de monde. S'il y avait eu un comportement proche des nazis ce soir-là, ce n'était pas de notre côté. Regardez le bourgmestre de cette ville et les méthodes qu'il emploie", estime Dieudonné.