Belgique

A la suite d'un reportage diffusé par VTM au sujet d'un réseau qui publie sur internet des photos ou vidéos de jeunes femmes dénudées sans leur accord, le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête pour voyeurisme, indique-t-il vendredi. 

A ce stade, aucun suspect n'a été identifié. Les infractions liées au voyeurisme sont punissables d'une peine maximale de 15 ans si la victime est âgée de moins de 16 ans, de maximum 10 ans si la victime a entre 16 et 18 ans, et de 5 ans maximum si la victime est âgée de plus de 18 ans.

 Des centaines de photos et vidéos de jeunes Flamandes nues, parfois lors d'ébats sexuels, circulent à leur insu sur un forum secret du site Discord. Ce dernier est un site populaire sur lequel les 'gamers' (joueurs de jeux vidéos) peuvent discuter. Selon VTM, plus de 3.000 membres ont échangé ces images.

Outre des faits de voyeurisme, l'enquête pourrait révéler d'autres infractions telles que l'utilisation frauduleuse des moyens de télécommunication (hacking, grooming, diffusion d'images pédopornographiques, etc..), précise le parquet.

Dans certains cas, les suspects qui publient la photo sont ceux qui l'ont prise, souvent des anciens compagnons ("revenge porn"). Dans d'autres cas, il s'agit de "hackeurs" qui ont obtenu accès à un compte Facebook d'une fille. Parfois les hackeurs travaillent sur demande en proposant par exemple endéans les quatre jours la photo d'une femme spécifique dénudée contre 400 euros.

Les images sont ordonnées par province. Parfois, le nom de la victime y est mentionné.

L'enquête est menée par le RCCU (Regional Computer Crime Units) de Bruxelles. "Ce sont des enquêtes complexes dans la mesure où les plateformes peuvent rapidement disparaître une fois qu'une certaine publicité a été donnée à celle-ci", souligne le parquet. "Par ailleurs, les suspects n'utilisent pas leurs propres identités pour fréquenter la plate-forme et de plus certains serveurs sont hébergés à l'étranger."

Jusqu'à présent, aucun suspect n'a été identifié. Les personnes qui pensent être victimes des faits en cause sont invitées à contacter n'importe quelle police locale en mentionnant le numéro du dossier (BR37.F1.13408/18) ou à écrire au parquet de Bruxelles (rue des Quatre Bras, 4 à 1000 Bruxelles), en mentionnant le même numéro de notice.