Belgique

Fierté nationale et épanouissement collectif. Tel est en substance le double message livré par le roi Philippe dans son discours pour la Fête nationale, prononcé ce vendredi sur le coup de 13h.

Le Roi ne pouvait évidemment pas ignorer "le superbe parcours" des Diables rouges lors de la défunte Coupe du monde de football où ils ont terminé troisièmes. Un résultat, le meilleur de l'histoire du foot belge, qui a "fait émerger le sentiment existant de fierté et d’appartenance".

L'union fait la force

La Belgique serait-elle l'addition de deux démocraties, l'une flamande, l'autre francophone, comme le dit le nationaliste flamand Bart De Wever, président de la N-VA ? Philippe pense que non et il en veut pour preuve la ferveur nationale suscitée par les Diables rouges. Ceux-ci "ont merveilleusement incarné notre devise : L’union fait la force. Nous sommes forts, ensemble, dans notre diversité (...)." Le terme diversité est à prendre au sens large : diversité linguistique et culturelle, diversité des origines et des croyances.

Mais ce que le Roi retient surtout de cette performance, plus que le résultat, c'est "la manière" dont elle a été accomplie. Par le respect du jeu et de l'adversaire, par des talents individuels mis au service du collectif, "au service d’une même cause, l’honneur de notre pays". Cela doit servir d'exemple aux Belges dans leur "vie personnelle et (...) en société", juge Philippe. Fort seul, mais meilleurs ensemble, pour progresser collectivement vers un but commun, dans le respect des différences et des forces et faiblesses de chacun. "En cherchant ce qui rassemble, nous réussissons à exploiter pleinement toute la richesse de nos différences." En d'autres termes : l'union fait la force.

Hommage appuyé au roi Baudouin

Philippe est un homme résolument optimiste. Dans ses discours, il préfère insister sur ce qui marche plutôt que sur ce qui rate. Dans le prolongement de sa réflexion sur le parcours des Diables rouges, il constate que "la Belgique est une société diverse et vivante. Une myriade d’initiatives y voit le jour avec comme objectif principal, non pas seulement l’efficacité ou le profit, mais la création de valeur ajoutée humaine". Alors que les démocraties occidentales sont sous pression, traversées par des courants autoritaires - voyez la démocratie illibérale portée par le Premier ministre hongrois Viktor Orban -, de plus en plus de concitoyens s'engagent dans "des projets qui créent du sens", au service du "bien commun". "Cet élan enrichit notre démocratie."

Un homme incarnait parfaitement, selon Philippe, "cette force" propre à la société belge. Il s'agit de son oncle, le roi Baudouin, décédé il y a 25 ans, à qui il rend un hommage appuyé. "Le Roi Baudouin était un homme d’espérance. Il puisait sa force dans une foi profonde en l’être humain. (...) Pour nous, c’est une magnifique source d’inspiration."

 


Philippe dévoile deux portraits qu'il a peints de Baudouin

C'est une tradition, chaque année, le Palais royal, à Bruxelles, ouvre ses portes au public durant l'été. Il sera possible d'y découvrir les deux portraits du roi Baudouin, peints par le roi Philippe à l'occasion des 25 ans de son décès. Par cet hommage, l'actuel souverain entend montrer, selon son entourage, comment il voit son oncle : un homme d’espoir, de tendresse et d’humanité.

© Belga

© Belga

© Belga