Belgique Maltraitances

Des coups de pied, de poing, de ceinture ou de fouet, des brûlures, des chocs électriques, des bains glacés forcés jusque la quasi-noyade, des privations de soins et de nourriture, des humiliations avec des excréments de chien ou de l’urine : la liste des sévices infligés par leurs parents à quatre enfants d’Erezée est longue.

Tout comme la durée des mauvais traitements infligés à ces trois filles et à ce garçon toujours mineurs. La première dénonciation date de fin 2003. Ce n’est cependant qu’en octobre 2012 que la machine judiciaire s’est précipitée. Pour la directrice de l’école de Soy (Erezée) où étaient scolarisés trois des quatre enfants, il était alors totalement exclu qu’ils rentrent chez eux. Depuis cette date, les enfants sont placés dans trois institutions différentes, en province de Namur et de Luxembourg.

En novembre 2003, une enseignante avait déjà prévenu, au sujet d’une des filles, le service d’aide à la jeunesse (SAJ), le service le plus qualifié pour évaluer la problématique enfants en danger. Le SAJ, vu le manque de coopération des parents, avait avisé le parquet de Marche-en-Famenne. Un juge de la jeunesse avait été saisi. Il avait ordonné un placement de plusieurs semaines. Après des rapports rassurants, l’enfant avait été replacé en famille avec un encadrement spécifique. Et, au terme de rapports d’évaluations annuels, cette tutelle avait été reconduite.

Le suivi a donc été immédiat, indique le procureur du roi, Elisabeth Dessoy. Même si aujourd’hui, on peut dire qu’il n’a pas été approprié, concède-t-elle, tout en soulignant que ce dossier est bien plus complexe qu’il n’y paraît à première vue.

Hier, le tribunal correctionnel de Marche-en-Famenne a rendu son jugement à l’encontre des parents, de leur oncle et de la compagne de ce dernier. Le tribunal a qualifié les faits d’odieux. Il a mis en avant les graves souffrances physiques et psychologiques qu’ont subies les enfants après ces coups et traitements inhumains et dégradants.

Les peines les plus lourdes ont été infligées au père et à la mère : 10 ans de prison pour cet homme dont l’avocate avait tenté d’expliquer en plaidoirie que son client avait reproduit sur ses enfants le schéma de manque d’amour dont il avait lui-même été victime.

Dix ans également pour la mère pour qui la défense avait plaidé une atténuation de responsabilités en raison d’un QI limité. Déjà condamnée avec sursis en 2004 pour des faits similaires, elle était en état de récidive. Elle n’a plus la garde de ce premier enfant né d’une précédente union. Le frère du père, qui a participé à certains faits, a écopé de six ans de prison. Sa compagne, enceinte, de quatre mois avec sursis.