Belgique

Les escroqueries aux petites annonces matrimoniales ne sont pas neuves. Les candidats au mariage floués sont légion, surtout depuis l’avènement d’Internet. Mais le dossier, actuellement à l’examen au parquet fédéral, comme le révélaient jeudi "La Dernière Heure" et "Het Laatste Nieuws", est d’une tout autre ampleur : on parle de dix morts.

Tout est parti d’un dossier établi par l’ambassade de Belgique à Yaoundé qui a constaté ces dix décès troublants. Via le ministère des Affaires étrangères à Bruxelles, il a été transmis au parquet fédéral. Ces dix hommes, qui ne se connaissaient pas, seraient partis en Afrique pour contracter un mariage avec une femme rencontrée via Internet. "Nous sommes en train de faire des vérifications. Il se peut que l’on découvre que ces personnes - ou certaines - sont mortes d’une bactérie africaine", souligne Lieve Pellens, porte-parole du parquet fédéral. "Il y a eu dix Belges morts au Cameroun. Dire qu’il s’agit de dix assassinats, ce sont, au stade actuel, des spéculations", ajoute-t-elle.

Un de ces décès est celui de Michael Pietquin, mort en 2005 au Cameroun à l’âge de trente ans. A l’époque, son père avait déposé plainte au parquet de Namur. Cet homme avait rencontré via Internet une Camerounaise. Six mois plus tard, soit le 25 avril 2005, il l’a rejointe à Yaoundé. Il restait en contact avec ses proches, par SMS ou téléphone. Dans son dernier message, daté du 29 mai 2005, il a écrit qu’il allait nouer un mariage coutumier dans le village d’origine de sa fiancée. "Il racontait qu’elle lui disait de manger des racines et des plantes ramassées sur le bord de la route", explique son père, Willy Pietquin. Le 1er juin, il a reçu un appel de cette femme annonçant que son fils était mort. "Nous avons contacté l’hôpital. Qui a donné six versions différentes", dit M. Pietquin. Il a fait rapatrier le corps. Il a porté plainte au parquet de Namur mais n’a toujours officiellement pas les résultats de l’autopsie. M. Pietquin a été récemment informé, via les Affaires étrangères, d’un décès semblable d’un habitant de Hastière. "Elle avait fait miroiter à mon fils, qui travaillait dans le gardiennage, un poste de direction dans une entreprise de ce type au Cameroun. Avant son départ, il lui virait mensuellement 500 euros. Et on n’a pas récupéré les 2 000 euros avec lesquels il est parti", dit-il.