Belgique

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, jeudi, Henri Ronse, 59 ans, l'ancien directeur du Nouveau Théâtre de Belgique (NTB), à 18 mois de prison avec sursis et à 25 000 euros d'amende. Il a été reconnu coupable d'un nombre considérable d'escroqueries, d'abus de confiance, de fausses factures et de détournements à des fins personnelles au préjudice du NTB, du Théâtre oblique, des ASBL «L'autre musée» et «Musiques et danses», ainsi que de la Communauté française de Belgique. Les faits se sont déroulés, entre le 1 éme r janvier 1981 et le 15 août 1998.

La juge Annick Baudri a considéré que les préventions étaient graves au point que le dépassement du délai raisonnable ne pouvait entraîner une simple déclaration de culpabilité. Soulignant qu'elle n'avait pas à apprécier la qualité du travail artistique de M. Ronse, elle a déploré «l'absence de la moindre remise en question» dans son chef.

L'ancien administrateur délégué du NTB Pierre Menasche (73 ans) a, quant à lui, bénéficié d'une simple déclaration de culpabilité. Il n'était pas concerné par les détournements à des fins personnelles réalisés par Henri Ronse, par son épouse (8 mois de prison avec sursis et 24 000 euros d'amende avec sursis pour la moitié) et sa proche collaboratrice (14 mois de prison avec sursis et 37 800 euros d'amende avec sursis pour la moitié).

Les détournements imputés au trio représentent plus de 250 000 euros, notamment pour l'achat de deux propriétés en France, qu'il a luxueusement meublées, mais aussi des dépenses dans des restaurants et chez des traiteurs fins. Il était aussi question de l'aménagement d'une cuisine et d'une salle de bains dans un appartement situé au-dessus du NTB, d'achat de livres d'art, de divers prélèvements sans justificatif, notamment pour payer les droits dus par Henri Ronse sur la succession de sa mère.

Les faux, établis notamment pour justifier l'octroi de subventions de la Communauté française portent sur quelque 300 000 euros. Des abus de confiance à charge du trio ont également été établis pour un total de 670 000 euros. Enfin, des escroqueries pour un montant cumulé de 215 000 euros ont encore été retenues.

Un ancien directeur général adjoint au ministère de la Culture de la Communauté française est sorti blanchi de ce procès.

La Communauté française, qui s'était constituée partie civile, est déboutée de toutes ses prétentions. Mme Baudri a jugé qu'elle était parfaitement informée de la situation.

Le ministère public avait requis 3 ans de prison contre M. Ronse. Mes Baudouin Van Overstraeten et Gilles Vanderbeck, conseils du prévenu et de sa compagne, avaient plaidé l'irrecevabilité des poursuites.

L'arrestation d'Henri Ronse, le 14 octobre 1997, avait suscité un tollé dans les milieux culturels.

© La Libre Belgique 2006