Belgique

Les résultats des nouveaux tests menés à la suite des micro-fissures constatées sur les cuves des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 confirment les résultats des test menés en mars, a indiqué mercredi le directeur de l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN), Jan Bens, devant les commissions réunies de l'Economie et de l'Intérieur de Chambre. Les tests d'irradiation menés sur des échantillons confirment un effet sur l'acier des cuves. Cet effet n'a toujours pas reçu d'explication et tant qu'il ne peut être expliqué, il n'est pas question d'un redémarrage. L'AFCN attend qu'Electrabel lui fournisse les résultats de nouveaux tests, vraisemblablement à la fin de l'automne.

"Electrabel m'a communiqué où il en était", a indiqué M. Bens.

La procédure menée est complexe, impliquant des télémanipulations dans des espaces clos, et les tests sont toujours en cours.

Les microfissures ont été détectées à l'été 2012. Elles ont entraîné l'arrêt des réacteurs, leur redémarrage et à nouveau leur arrêt à la fin mars. Le directeur de l'AFCN s'est montré sceptique sur un éventuel redémarrage des deux réacteurs cet hiver.

"Je crains que l'on ne puisse pas trop compter dessus", a-t-il lancé.

M. Bens ne s'est pas plus avancé sur l'éventualité du redémarrage un jour de ces réacteurs. Il attend une explication physique claire du problème qui se pose et un dossier d'évaluation de la sécurité qui permette de les relancer.

"Ce n'est pas garanti que ces centrales vont redémarrer", a-t-il ajouté.

Le remplacement de la cuve d'un réacteur nucléaire serait une première. "Pour un ingénieur, ce serait très intéressant. Pour un financier, beaucoup moins".

Quant à Doel 4, victime d'un acte de sabotage, celui-ci pourrait en revanche redémarrer en décembre. "Avec mon expérience, cela me paraît raisonnable", a dit M. Bens.

La turbine, qui se trouve hors de la zone nucléaire, a été sérieusement endommagée. Electrabel a mis la pression sur ses fournisseurs qui pourraient dès lors fournir les pièces requises dans les délais nécessaires. Des mesures de sécurité supplémentaires ont été prises, notamment l'obligation que toute opération soit réalisée par au moins deux personnes.

Les centrales de Doel 1 et 2 qui doivent être fermées en février et décembre 2015 peuvent être prolongées, moyennant les investissements nécessaires, selon M. Bens, mais se posera alors la question du "calendrier".

La fermeture de Doel 3 et Tihange 2 a sérieusement compliqué les plans du gouvernement en vue de garantir l'approvisionnement de la Belgique cet hiver. Mercredi matin, le ministre de l'Intérieur, Melchior Wathelet, a présenté aux gouverneurs de province et à la presse la carte du plan de délestage qui pourrait être mis en oeuvre en cas de pénurie d'énergie. Dans l'après-midi, Elia, le gestionnaire du réseau de transport, a présenté aux parlementaires des détails techniques sur la façon dont sera géré l'approvisionnement énergétique du pays cet hiver.

Parmi les paramètres retenus, figure la capacité d'importation d'électricité. Dans ses hypothèses, Elia a intégré la capacité maximale de 3.500 MW et n'a pas prévu d'hypothèse où la Belgique ne pourrait pas trouver chez ses voisins une telle quantité d'énergie. Un calcul qui a fait bondir certains parlementaires, à commencer par Jean-Marc Nollet (Ecolo).

Aux dires mêmes d'Elia, en cas de grand froid qui provoque un pic de consommation, soit la période pendant laquelle la Belgique aura sans doute elle aussi besoin d'électricité, la France vise l'autonomie et non l'exportation. Et les Pays Bas sont en train de fermer des centrales.

La FEB suivra la situation de près

"Les entreprises se posant encore, après la conférence de presse, de nombreuses questions quant à l'impact potentiel du plan de délestage, la FEB continuera à suivre la situation de près, en étroite concertation avec les autres organisations d'employeurs", a indiqué mercredi la FEB en réaction à la présentation mercredi, par le ministre de l'Intérieur Melchior Wathelet, des zones de délestage en cas de pénurie d'électricité durant l'hiver.

La FEB organisera prochainement, avec les autres organisations d'employeurs sur "base de l'input reçu des instances publiques concernées", une séance d'information lors de laquelle les entreprises et les fédérations sectorielles recevront davantage de renseignements. Dans l'intervalle, les organisations d'employeurs resteront en contact étroit avec les instances concernées, souligne la FEB.