Belgique

Le débat a été relancé mercredi lorsqu'il est apparu que le ministre flamand Pascal Smet, parrain de la campagne du don de sang de la Croix-Rouge ne pouvait montrer l'exemple, les homosexuels masculins se voyant refuser une telle possibilité.

La ministre de la Santé Laurette Onkelinx a rappelé jeudi sur La Première (RTBF) que la qualité du sang est un élément essentiel et que ce sont les pratiques à risque, bien davantage que le fait d'être homosexuel, qui posent problème. Tout en se rangeant aux positions de la communauté scientifique, elle a rejoint l'idée de rouvrir les débats à ce sujet. "Contrairement à ce que la ministre de la Santé a déclaré sur les ondes de la Première ce matin, le questionnaire que doit remplir chaque donneur mentionne clairement que les 'hommes ayant eu des rapports sexuels avec d'autres hommes' (http://www.transfusion.be ) sont systématiquement écartés du don de sang", a réagi Ecolo. "Affirmer comme madame Onkelinx que le questionnaire de la Croix-Rouge écarte les comportements à risque plutôt que la communauté gay dans son ensemble ne correspond pas à la réalité", ont précisé les parlementaires Zoé Genot, députée à la Chambre, et Benoît Hellings, sénateur.

Pour justifier cette position, "la ministre et la Croix-Rouge invoquent la présence d'un nombre proportionnellement plus élevé de séropositifs au sein de la population homosexuelle masculine que dans la population hétérosexuelle", soulignent les Verts. "Ecolo ne nie pas cette prévalence. Cependant, il semble évident qu'hétéros comme homos multipliant les rapports sexuels à risque se doivent d'être écartés du don de sang et que ce sont bien les comportements à risque qui doivent guider les choix sanitaires, et non l'appartenance à la communauté gay", énonce le parti dans un communiqué.

Pour Ecolo, Mme Onkelinx doit agir. "Elle peut donner l'injonction à la Croix-Rouge d'adopter un nouveau processus de sélection des donneurs (...) La sécurité transfusionnelle est parfaitement compatible avec l'adoption de critères de sélection non discriminants", estiment les Verts.