Belgique

Après Binche en 2003, cinq événements du folklore belge ont été déclarés «chefs-d'oeuvre du Patrimoine oral et immatériel de l'humanité» par l'Unesco. Les Ducasses de Mons et d'Ath, le Meyboom de Bruxelles (lire en page 4), les Ommegang de Malines et de Termonde (ci-dessous) se présentaient au sein d'une candidature commune «Géants et dragons processionnels de Belgique et de France».

Au total, ce sont 43 manifestations qui ont été reconnues par l'Unesco vendredi. Aux côtés des géants et monstres d'osier, figurent notamment le Hikaye (récit populaire) palestinien, la mascarade des Makishi (Zambie), le Kabuki japonais, la danse des conscrits moraves, le Muqam ouïgur de Xinjiang (Chine), la Samba de Roda (Brésil)... Fait marquant, «Deux tiers des oeuvres nouvellement classées viennent de pays en développement et, parmi eux, un grand nombre du continent africain, qui constitue probablement un des réservoirs les plus riches du patrimoine immatériel», a souligné le directeur général de l'Unesco, Koïchiro Matsuura. Il souligne l'importance de ce patrimoine «pour l'identité culturelle des communautés détentrices», souvent minoritaires et fragiles.

Cette distinction bisannuelle vise à mettre en évidence, pour aider à les sauvegarder, des expressions et traditions orales, musiques, danses, rituels et mythologie, connaissances et pratiques concernant la nature et l'univers, savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel et espaces culturels.

Les nouveaux chefs-d'oeuvre ont été choisis par un jury international de l8 membres, parmi 64 candidats. Parmi les candidatures qui n'ont pas été reconnues figure celle de la Communauté flamande sur la diversité en matière de jeux et sports populaires. C'était au tour du Nord du pays de proposer un dossier en 2005 - le règlement de l'Unesco n'autorise qu'une seule candidature nationale par Etat membre tous les deux ans. Mais rien n'empêchait de présenter par ailleurs une candidature multinationale, possibilité qu'ont donc exploitée les cinq manifestations belges, issues des trois Régions, avec des voisins français (fête de Gayant à Douai, fête de Cassel, Poulain de Pezenas, la Tarasque de Trasacon).

© La Libre Belgique 2005

Après Binche en 2003, cinq événements du folklore belge ont été déclarés «chefs-d'oeuvre du Patrimoine oral et immatériel de l'humanité» par l'Unesco. Les Ducasses de Mons et d'Ath, le Meyboom de Bruxelles (lire en page 4), les Ommegang de Malines et de Termonde (ci-dessous) se présentaient au sein d'une candidature commune «Géants et dragons processionnels de Belgique et de France».

Au total, ce sont 43 manifestations qui ont été reconnues par l'Unesco vendredi. Aux côtés des géants et monstres d'osier, figurent notamment le Hikaye (récit populaire) palestinien, la mascarade des Makishi (Zambie), le Kabuki japonais, la danse des conscrits moraves, le Muqam ouïgur de Xinjiang (Chine), la Samba de Roda (Brésil)... Fait marquant, «Deux tiers des oeuvres nouvellement classées viennent de pays en développement et, parmi eux, un grand nombre du continent africain, qui constitue probablement un des réservoirs les plus riches du patrimoine immatériel», a souligné le directeur général de l'Unesco, Koïchiro Matsuura. Il souligne l'importance de ce patrimoine «pour l'identité culturelle des communautés détentrices», souvent minoritaires et fragiles.

Cette distinction bisannuelle vise à mettre en évidence, pour aider à les sauvegarder, des expressions et traditions orales, musiques, danses, rituels et mythologie, connaissances et pratiques concernant la nature et l'univers, savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel et espaces culturels.

Les nouveaux chefs-d'oeuvre ont été choisis par un jury international de l8 membres, parmi 64 candidats. Parmi les candidatures qui n'ont pas été reconnues figure celle de la Communauté flamande sur la diversité en matière de jeux et sports populaires. C'était au tour du Nord du pays de proposer un dossier en 2005 - le règlement de l'Unesco n'autorise qu'une seule candidature nationale par Etat membre tous les deux ans. Mais rien n'empêchait de présenter par ailleurs une candidature multinationale, possibilité qu'ont donc exploitée les cinq manifestations belges, issues des trois Régions, avec des voisins français (fête de Gayant à Douai, fête de Cassel, Poulain de Pezenas, la Tarasque de Trasacon).

C'est la troisième fois que cette distinction est attribuée. En 2001 et 2003, respectivement 19 et 28 chefs-d'oeuvre avaient été distingués, parmi lesquels le carnaval d'Oruro (Bolivie), l'espace culturel de Sosso-Bala (Guinée), le théâtre de Marionnettes sicilien Opera dei Pupi (Italie)... et le carnaval de Binche.

Cette troisième proclamation devrait aussi être la dernière. En effet, le système changera prochainement: dès que la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, adoptée en 2003, entrera en vigueur, probablement début 2006 - seuls 4 pays sur les 30 nécessaires ne l'ont pas encore ratifiée. Il n'y aura alors plus proclamation mais inscription sur une liste - à laquelle sera intégré le patrimoine déjà distingué. Le texte prévoit la création de deux listes, l'une représentative du patrimoine culturel immatériel, l'autre regroupant le patrimoine nécessitant une sauvegarde urgente. A celui-ci, l'Unesco se propose d'offrir une protection juridique et une aide financière, pour écarter la menace de les voir disparaître sous l'effet de l'uniformisation engendrée par la mondialisation.

Subsides communautaires

De son côté, la Communauté française a commencé à prendre des mesures visant à protéger son patrimoine oral et immatériel. Son décret de juillet 2002 permet la valorisation de manifestations traditionnelles. Celles-ci peuvent solliciter des subsides, à hauteur de 60 pc, pour la restauration d'éléments (costumes...) de leur patrimoine. La Communauté a ainsi entamé sa propre liste de «Chefs-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel» qui peuvent prétendre à cette aide. Elle en compte actuellement 17.

Inutile de dire que dans les villes primées, l'humeur est à la fête. Les politiques, à tous niveaux, applaudissent ces distinctions qui récompensent avant tout le travail de centaines de citoyens qui perpétuent ce patrimoine - et la diversité culturelle -, et qui replacent dans le contexte culturel des formes d'expression populaires et traditionnelles trop souvent considérées comme mineures.