Belgique

Chez B Plus, malgré la morosité générale, c’était déjà la fête (nationale) lundi ! Le mouvement citoyen pour un fédéralisme d’union a, en effet, annoncé qu’il se dotait d’une nouvelle direction à la tête de son conseil d’administration.

Plus fédéral que ça, tu meurs : le nouveau président Ludwig Vandenhove est flamand alors que la nouvelle vice-présidente, Kattrin Jadin est germanophone. Mieux : si le premier est un SP.A "pur jus", la seconde est une réformatrice libérale bon teint, signe que l’on peut encore transcender aussi les différences idéologiques et dialoguer sur un futur serein pour ce pays. Cela tombe bien : ce ne sont pas les seuls acteurs politiques actifs "qui n’hésitent pas à se mobiliser contre le nationalisme étriqué et le repli sur soi" . A côté de ce duo politique de choc, d’autres politiques rejoignent, en effet, le mouvement - lire ci-dessous - dans l’optique, évidente, de faire bouger les lignes et avec l’espoir que certains de leurs collègues oseront, enfin, se mouiller pour remettre le pays en selle.

Ludwig Vandenhove et Kattrin Jadin nous ont livré leurs premières réactions croisées en primeur pour "La Libre". Point commun : s’ils ont accepté ce défi, ce n’est certainement pas pour faire de la figuration. Pour le bourgmestre socialiste de Saint-Trond dont le père en politique fut un certain Willy Claes "ce n’est pas une fonction politique en tant que telle mais elle l’est sur le plan symbolique car il est important de montrer que l’on veut approfondir la réforme fédérale surtout en ces moments de tension. Je suis un réaliste : tout n’ira pas mieux comme par enchantement demain mais les petites rivières finissent souvent en grands fleuves" .

Même son de cloche chez la députée libérale Kattrin Jadin : "Déjà très présente dans tous les dialogues comme germanophone qui fait montre d’ouverture tant vers les néerlandophones que vers les francophones, j’ai bon espoir que cela incitera aussi nombre de mes collègues germanophones et francophones à voir plus loin que ce qu’il y a dans leur assiette" . Tant Vandenhove que Jadin se plaisent aussi à souligner que leur propre passé les a amenés à répondre à l’appel de B Plus. "Comme Trudonnaire né natif, j’ai appris à côtoyer et à apprécier nombre de Wallons qui viennent fréquenter nos marchés tout comme beaucoup de Limbourgeois se sentent chez eux en Wallonie, à un jet de pierre de chez nous."

La nouvelle vice-présidente puise, elle, son ardeur à jeter des ponts dans son passé sportif : "Lorsque je pratiquai le judo jusqu’à un certain niveau pendant les années nonante, j’ai pu découvrir ce qu’était une fédération nationale avec les particularités des uns et des autres. Il y a un certain rôle à jouer."

A la question de savoir si un poste de pointe au sein de B Plus ne peut pas leur valoir quelques froncements de sourcils au sein de leur formation politique respective, la réponse est doublement négative. "J’ai toujours été un bon soldat de mon parti, s’exclame le bourgmestre trudonnaire. Mais cela ne m’empêche pas de tendre vers de bonnes solutions avec les bonnes idées des représentants d’autres formations. Notre espoir est que notre engagement incitera nos collègues à se mobiliser aussi pour sortir de nos inextricables problèmes mais nous ne nous faisons pas trop d’illusions sur le fait que nous pèserions lourdement sur l’agenda politique."

Kattrin Jadin se sent tout aussi libre dans cet engagement par rapport à son propre parti : "Normal, je ne me suis pas engagée dans les rangs libéraux par hasard. J’ai toujours apprécié une certaine liberté dans tous les domaines ."

Quand on les interpelle enfin sur la longueur exceptionnelle de la présente crise politique, le nouveau duo à la tête de B Plus continue envers et contre tout à rejeter la langue de bois : "Trop de nos collègues ne pensent qu’en termes électoraux. Plutôt que de se pencher sans arrêt sur les réactions possibles de ceux qui leur ont donné leur voix, ils feraient mieux de se demander où est l’intérêt général, commente Ludwig Vandenhove. Willy Claes m’a toujours dit qu’il était important de se préoccuper de ce que pensait le citoyen mais il y a des moments où il faut trancher, où il faut oser prendre des décisions."

"Nous devrions pouvoir contribuer à cette redynamisation tout en montrant que nous refusons ce statu quo", conclut de son côté Kattrin Jadin