Belgique

Les émeutes à Bruxelles des 11 et 15 novembre se transforment en dossier communautaire. En substance, les partis flamands accusent de laxisme les autorités bruxelloises. Sous-entendu : les autorités francophones. Et les partis francophones de l’opposition (tous, sauf le MR) estiment que les zones de police bruxelloises, singulièrement celle de Bruxelles-Ixelles qui a été confrontée aux débordements, manquent de moyens en raison des économies du gouvernement.

Dans ce contexte, un débat revient continuellement, celui de la fusion des six zones de police de la Région bruxelloise. Elle est réclamée de longue date par les Flamands. Elle est honnie par les francophones. Mais il semble que les esprits évoluent.

Compromis à la belge

Dans l’opposition, "Ecolo et Groen souhaitent ouvrir le débat en proposant la création d’un état-major régional composé des six chefs de corps des zones de police bruxelloises et d’un représentant du gouvernement bruxellois", ont indiqué mardi, en début d’après-midi, les écologistes francophones et flamands. "Dans la pratique, l’état-major […] jouerait le rôle d’un centre de commandement coordonnant tous les services dans des matières aussi sensibles que la lutte contre le terrorisme, le grand banditisme, la gestion des grands événements et des manifestations,…"

La proposition est une sorte de compromis à la belge où il n’est pas question de fusion (chaque zone garde son autonomie), mais d’une coopération structurelle renforcée et permanente pour les enjeux sécuritaires à portée régionale. Les verts l’ont formulée - ce n’est pas un hasard - deux heures avant une réunion de la commission Intérieur de la Chambre ayant pour thème les conséquences des émeutes. Et durant cette commission, les commentaires des partis de la majorité laissaient entendre qu’ils sont ouverts à l’idée. Signe que quelque chose se prépare ?

"Un commandement centralisé peut éventuellement se justifier, mais sur la base d’une évaluation objective", a dit le député MR Gautier Calomne tout en rejetant la fusion des 6 zones bruxelloises. Pour le CD&V, Franky Demon inverse le raisonnement, mais va dans le même sens. "Il faut passer à une seule zone de police", mais, "à court terme", il se dit favorable à un commandement régional.

Commandement intégré

"Il existe déjà un commandement intégré pour les six zones de police de Bruxelles", a réagi Olivier Maingain (Défi, opposition). C’est le chef de corps de la zone Bruxelles-Ixelles qui prend le "lead" dans le cadre d’opérations d’envergure. "Effectivement, ça existe", a rebondi le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA). "Mais, ça n’a pas marché" lors des émeutes du 11 novembre. "Il faut voir comment améliorer cela." L’ouvrage est donc remis sur le métier. Et M. Maingain d’indiquer à "La Libre" qu’un commandement intégré permanent aurait, en effet, une plus-value pour "des événements imprévisibles" tels que des émeutes.

"Pour résoudre" ce problème de commandement, "on n’a pas besoin de fusion", a reconnu M. Jambon, alors qu’il est favorable à la fusion des six zones. Mieux, la N-VA - tant le ministre que le député Degroote - estime que le meilleur moyen de faire échouer la fusion est de l’imposer d’en haut. Des concertations ont ainsi lieu en ce moment dans toutes les zones du pays. A Bruxelles, le sujet reste un brûlot communautaire.