Édito: Confusion des genres

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Belgique

Pour que la justice fonctionne mieux. Vraiment ? Ou plutôt pour empêcher, à tout prix, fût-ce par un lynchage organisé de Malonne à Bruxelles, la libération sous conditions de l’ex-épouse de Marc Dutroux, la femme la plus haïe de Belgique ? L’absence de mot d’ordre clair de la marche organisée dimanche par Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie, met très mal à l’aise. Comme une confusion des genres. Ce n’est pas la rue qui doit décider qui peut sortir de prison pour terminer sa peine à l’extérieur. On a forcément le droit de détester, de honnir, d’abhorrer Michelle Martin. On comprend évidemment la souffrance incompressible des parents des fillettes qu’elle a laissé crever de faim dans une cache immonde au fond d’une cave; ils subiront leur chagrin à perpétuité.

A leur place, on n’imagine pas pouvoir dire un jour : là, c’est bon, elle a fait son temps, elle peut sortir C’est précisément pour cette raison que la loi n’a pas prévu que les parties civiles interviennent dans les débats du tribunal d’application des peines sur l’octroi d’une libération conditionnelle. Tout comme les victimes sont exclues du débat sur la peine lors du procès en assises - ce qui représente une frustration pour beaucoup d’entre elles.

La justice n’est pas là pour rendre la pareille à ceux qui ont commis l’abjection. Il lui revient de faire exécuter la peine qui a été infligée, au nom de la société, aux condamnés, et de les faire sortir de prison un jour, en appliquant les mêmes lois pour tous les justiciables. Même si on s’appelle Michelle Martin.

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