Édito. Doel : questions sans réponses

Vincent Slits Publié le - Mis à jour le

Belgique

Depuis la découverte de fissures au cœur de la cuve du réacteur 3 de la centrale nucléaire de Doel plane un certain brouillard à la fois sur la gravité de l’incident et ses conséquences potentielles sur l’approvisionnement énergétique du pays. Trois questions cruciales restent aujourd’hui sans réponses claires et rassurantes. Un : s’agit-il d’un problème spécifique à la centrale de Doel ou d’un "défaut de fabrication" de la cuve, touchant potentiellement une vingtaine de centrales dans le monde ? Deux : à quand remonte ce problème et était-il possible de l’identifier plus tôt ? Trois : quid du risque de black-out en Belgique en cas de fermeture de Doel et Tihange ? Trois questions, trois zones d’ombre. Certes, des analyses sont encore en cours et la prudence s’impose à ce stade. Pourtant, un sentiment prédomine : celui d’un certain cafouillage dans la gestion du problème Doel 3, inédit, il est vrai, dans l’histoire nucléaire du pays. Le gouvernement est aux abonnés absents et des doutes - à tout le moins des questions - se font jour à la lumière de cet incident sur l’efficacité et la qualité du contrôle exercé dans notre pays sur le parc de centrales nucléaires. L’enjeu nucléaire est trop sensible pour souffrir de la moindre légèreté, de la moindre défaillance, du moindre dysfonctionnement. Dans cette industrie si particulière, le doute n’a pas sa place. Car il est synonyme de peur. Il est urgent de s’en souvenir.

Publicité clickBoxBanner