Édito : Gare aux amalgames !

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Belgique

L’étude publiée dans "La Libre" par Itinera Institute sur l’immigration risque de susciter pas mal de commentaires en sens divers : elle démontre, chiffres à l’appui, qu’un quart de la population belge a un ou deux parents nés étrangers. Une proportion qui est amenée à augmenter dans les décennies à venir. Dans une Belgique frappée par la crise, confrontée à la nécessité de consentir des efforts pour renouer avec l’équilibre des finances publiques au prix de certains sacrifices pour la population, la tentation sera grande chez certains d’instrumentaliser ces chiffres. En jouant sur les peurs à coups d’amalgames. En agitant le spectre d’une montée de l’insécurité dans nos villes, d’une perte de nos repères culturels ou de la faillite inéluctable de nos filets de protection sociale. Visant, disons les choses, une immigration nord-africaine et subsaharienne, minoritaire mais accusée de vivre aux crochets de la société. On le voit, un peu partout en Europe, les partis aux extrêmes ont le vent en poupe. Les chiffres publiés dans notre dernier Baromètre politique montrent que ce danger n’est pas à négliger chez nous non plus. La vigilance s’impose donc. L’immigration est un atout, une nécessité aussi dans un pays confronté à un déclin démographique et à une pénurie de main-d’œuvre. Certains problèmes ne doivent pas masquer la volonté réelle d’une très grande majorité des personnes issues de l’immigration de s’intégrer dans notre pays. Les politiques d’emploi et scolaires doivent les y aider, pas les marginaliser.

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