Édito : la digne constance des Clarisses

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Belgique

Jusqu’à preuve du contraire, la communauté des sœurs Clarisses de Malonne demeure prête à accueillir Michelle Martin, l’ex-épouse de Marc Dutroux, si la libération conditionnelle de celle-ci n’est pas mise à mal par la Cour de cassation.

Ni la pression de la rue, ni l’entretien que les époux Marchal ont eu, mercredi, avec la supérieure du couvent n’ont modifié les choses. Paul Marchal a cru, un peu imprudemment, que les sœurs, sensibles à sa démarche, allaient revoir leur décision mais ce ne sera pas le cas, même si, comme elles l’ont écrit dans leur communiqué du 31 juillet, "l’expérience d’accueil sera régulièrement évaluée avec les responsables de son dossier" et que le pas posé par elles "ne veut pas présumer de l’avenir".

Parmi les proches des victimes de Dutroux, certains croient savoir que les Clarisses ont cédé à des injonctions venues de leur hiérarchie voire du monde de la justice. Et si elles étaient simplement restées fidèles à un engagement pris après mûre réflexion et de nombreux débats entre elles et en elles ?

Cet engagement fut difficile : il est courageux et conforme à leur vocation. Les sœurs l’ont écrit noir sur blanc : "Nous avons la profonde conviction qu’enfermer définitivement le déviant dans son passé délictueux et l’acculer à la désespérance ne serait utile à personne et serait, au contraire une marche en arrière pour notre société. Nous sommes aussi convaincues que le respect de la justice de notre pays est un bon garde-fou pour éviter cette dérive". Qu’y a-t-il à ajouter à cela ?

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