Edito: le mérite de la clarté

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Belgique

C’est évident : quand l’accord - obtenu de haute lutte - entre les 6 partis de la majorité fédérale qui planchaient sur une réforme du Code de la nationalité belge deviendra loi, il sera plus difficile pour les étrangers de devenir belges. Ou moins simple. Certains estiment que le dispositif actuel revient à brader la nationalité belge. La procédure de naturalisation, en particulier, est dans le viseur : il s’agit d’une faveur accordée par la Chambre aux étrangers qui n’ont aucun droit à la nationalité belge. Seule condition exigée : avoir sa résidence principale en Belgique depuis trois ans. Chaque année, 5 000 étrangers obtiennent un passeport noir-jaune-rouge par cette voie ; 40 000 dossiers sont en attente à la commission des naturalisations de la Chambre. Il y a eu des abus. Ça, ce sera fini. Sauf, dans des cas (très) exceptionnels, pour les étrangers "honoris causa" qui résident en Belgique : scientifiques pointus, sportifs de haut niveau, artistes de renommée internationale.

Pour ceux qui souhaiteront devenir belges après 5 ans de séjour légal, on exigera désormais la connaissance d’une des langues nationales, une intégration sociale et une participation économique. Cette procédure nous semble équilibrée, équitable et objective. Face à la jungle actuelle, où on peut faire son "shopping" entre 12 manières différentes de devenir belge, elle a le mérite de la clarté. Même si on peut discuter de la "dureté" de certaines conditions, comme l’obligation de justifier de 18 mois de travail à temps plein alors qu’il est particulièrement difficile de s’insérer sur le marché de l’emploi quand on n’est pas belge.

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