Édito : le sang-froid de la justice

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Belgique

Fouad Belkacem, porte-parole de Sharia4Belgium, groupuscule islamiste radical que les récentes émeutes de Molenbeek ont fait connaître à la Belgique entière, restera en prison. Ainsi en a décidé la chambre du conseil d’Anvers.

Elle l’a fait dans un contexte tendu, après des péripéties judiciaires dont on se serait volontiers passé. En effet, le président de la chambre du conseil s’est déporté, après avoir fait l’objet d’une requête en récusation déposée par les avocats de Belkacem. Ceux-ci, alors qu’ils consultaient le dossier, lundi, au greffe, y ont découvert un projet d’ordonnance, non signé mais, selon eux, très orienté. Curieuse découverte d’une pièce rédigée avant même que les parties aient pu s’exprimer. C’est au minimum maladroit, surtout quand on connaît le contexte, et c’est même inquiétant.

La défense de Belkacem n’a pas davantage aimé que Mme Turtelboom, qui assume ses déclarations, dise, dimanche, à une télévision anversoise, que, quelle que soit la décision prise mardi, Belkacem resterait en prison, histoire d’exécuter une ancienne condamnation.

Les prises de position de Sharia4Belgium sont insupportables et le groupe doit être traité sans mollesse. Le droit offre une large panoplie de moyens pour contrer les agissements de ces énergumènes haineux. Aussi faut-il se garder de toute démarche pouvant laisser croire qu’on ne traite pas Belkacem comme un justiciable ordinaire et que l’Etat belge est capable de partialité. Ce serait, grave erreur, offrir à cet agitateur sans envergure l’occasion de se poser en martyr.

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